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«Stratégie du Togo pour le Sahel»; une fuite en avant qui cache mal l´incompétence de Faure Gnassingbé

«…Nous nous soutenons et nous aidons les pays du Sahel. Je pense qu´il faut garder le dialogue avec les pays du Sahel et les aider à dominer le terrorisme, parce que si le terrorisme envahit les pays du Sahel, nous qui sommes les pays côtiers, nous serons victimes de ce terrorisme. On commence déjà à l´être. Donc la stratégie aujourd´hui c´est de continuer à travailler avec les pays du Sahel, à les aider à contenir le terrorisme pour le bien-être de ces pays et de nos pays qui sont les pays côtiers et donc de tout le continent africain. » Robert Dussey, ministre des affaires étrangères de Faure Gnassingé

« De quoi je me mêle? ». On pourrait être tenté de poser une telle question pour s´étonner de l´attitude maladroite de certaines personnes qui s´occupent des choses qui ne les regardent pas forcément, alors qu´elles devraient s´occuper de leurs propres oignons. Certes, le Burkina-Faso, le Mali et le Niger, regroupés au sein de l´Alliance des États du Sahel (AES) et confrontés au terrorisme, ont naturellement droit à la solidarité des autres pays de la sous-région. Et tout le monde connaît l´histoire des putschs militaires, l´attitude des trois putschistes quant aux élections et à l´alternance démocratique, leur supposée posture «souverainiste et panafricaniste», leur divorce d´avec la CEDEAO pour non-respect des règles de la communauté. Et s´il devrait y avoir en Afrique de l´ouest un chef d´état pour jouer un rôle de médiation et servir de courroie de transmission entre l´organisation sous-régionale et les trois pays de l´AES, ce n´est certainement pas Faure Gnassingbé du Togo. Car, celui qui se fait appeler aujourd´hui dans son pays Président du Conseil, est très mal placé pour jouer ce rôle, parce qu´il est lui-même en rupture de ban avec ses pairs de la CEDEAO pour violations récurrentes des droits de l´homme au Togo et pour non- respect des règles de bonne gouvernance.

«Nouvelle Stratégie du Togo pour le Sahel »; déjà l´énoncé de la réunion tenue le 18 avril dernier à Lomé interroge tout observateur et surtout tout Togolais conscient des gros problèmes qui sont aujourd´hui ceux de son pays. Avec tout ce mélodrame socio-politique que vivent les citoyens togolais depuis plus d´un demi-siècle, par la faute du régime irresponsable des Gnassingbé, de père en fils, ayant comme corollaire, entre autres, cette grande misère des populations, revient-il au pouvoir togolais de chercher des stratégies pour d´autres pays? A-t-il fini de résoudre les nombreux problèmes de toutes sortes au Togo pour avoir les moyens et le temps de jouer à Mère Teresa chez les autres? Quand le coursier attitré de Faure Gnassingbé, Robert Dussey, insiste sur le terrorisme qui sévit déjà au Sahel et qui menacerait les pays côtiers et tout le continent africain, qu´en est-il du terrorisme d´état exercé sur les Togolais depuis plusieurs décennies par le régime auquel il appartient? À plusieurs occasions nous avons déjà eu à rappeler dans plusieurs publications le caractère hypocrite, surtout très méchant et méprisant à l´égard des citoyens Togolais, qui explique cette fuite en avant du soi-disant président du conseil, incompétent et incapable de résoudre les nombreux problèmes socio-politiques dans son pays dont il est en grande partie responsable.

Au Togo, en pays Tem, les sages ont l´habitude de dire: « Quand une grand-mère nécessiteuse est prise en charge et n´est plus dans le besoin, elle demande qu´on lui amène sa petite fille à garder. » En d´autres termes, Faure Gnassingbé passe pour être le premier responsable de la sous-région le plus illégitime sur toute la ligne, si on considère les massacres de Togolais à sa prise de pouvoir et toutes les violations des droits de l´homme, depuis deux décennies, pour s´y maintenir. Ailleurs, sur le continent africain, des dictateurs aux délits beaucoup moins lourds, n´ont pas eu cette chance. Ils ont été chassés du pouvoir, soit par la rue, soit par des coups d´état militaires. Étant conscient du degré de contestation dont il fait l´objet de la part des Togolais et ayant réussi, à coups de répressions, à être toujours là contre le bon sens, Faure Gnassingbé a toute la lattitude pour adopter les caprices de notre grand-mère du proverbe tem; caprices budgétivores, insultants et humiliants pour le peuple togolais. Autrement, nous ne pouvons pas expliquer l´outrecuidance et le mépris à l´égard de son peuple qui poussent le «PC» togolais à continuer à pratiquer la fuite en avant, feignant d´ignorer les grands problèmes socio-politiques auxquels notre pays est confronté depuis des lustres, pour se mettre au service des autres comme si chez lui tout était rose. En dehors d´une grande pauvreté ambiante dans le pays, pendant qu´autour du pouvoir la corruption semble être tolérée grâce à une totale impunité, des coupures intempestives du courant électrique sont devenues le quotidien des populations togolaises, sans oublier le drame des inondations à Lomé et dans certaines régions, surtout au sud du pays.

Pendant que les supposés responsables de notre pays jouent ainsi avec le peuple togolais, nos voisins de l´est les Béninois sont à leur 5e président démocratiquement élu depuis 1990. Au Ghana à l´ouest, l´alternance au sommet de l´état est également une réalité depuis des décennies. Le Togo reste la seule gangrène, la seule dictature héréditaire de plus d´un demi-siècle, coincée entre deux démocraties et chapeautée au nord par les trois pays du Sahel habitués aux bruits de bottes et conséquemment avec des régimes instables. Et les velléités souverainistes et panafricanistes qui sont aujourd´hui celles du Burkina, du Mali et du Niger apparaissent comme une aubaine au dictateur togolais pour s´engouffrer dans la brèche et espérer détourner l´attention de sa gouvernance catastrophique au Togo. Si Faure Gnassingbé adopte une telle attitude aussi malsaine et surtout méchante contre son peuple pour refuser toute idée d´une démocratisation sincère en maintenant les Togolais dans la terreur et dans la misère, les trois pays de l´AES, au nom de la solidarité africaine, devraient connaître la triste histoire togolaise avec la dictature familiale des Gnassingbé de père en fils, et détecter le sale jeu auquel se livre Faure Gnassingbé en se prenant pour un panafricaniste qu´il n´est pas. Et nous pensons que ce serait à travers un tel comportement solidaire envers le peuple togolais que toute idée d´une union de l´Afrique et du panafricanisme aurait un sens.

Samari Tchadjobo

Allemagne

One thought on “«Stratégie du Togo pour le Sahel»; une fuite en avant qui cache mal l´incompétence de Faure Gnassingbé

  1. Quand on parle de stratégies, on parlera de ressources pour les mettre en œuvre… Pour avoir ces ressources avec des partenaires, les objectifs doivent être mesurables… Cette entente entre le Togo et l’AES était nécessaire. Ne soyons pas tout le temps dans le négationnisme.

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