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Togo- ANSAT: Le colonel à Paris, son stylo assure l’intérim

Il n’y a qu’au Togo que certaines absurdités n’étonnent plus personne. Le 31 mars 2026, l’Agence nationale de la sécurité alimentaire du Togo (ANSAT) a publié la note de service n°003/2026, fixant les prix d’achat bords champs des produits vivriers pour la campagne 2026.

Selon le document, les prix planchers sont désormais les suivants : Maïs : 150 F CFA/kg, Riz paddy : 140 F CFA/kg, Riz blanc usiné : 400 F CFA/kg, Sorgho et mil : 200 F CFA/kg, Haricot ou niébé : 400 F CFA/kg. Des chiffres bien alignés, issus d’un atelier tenu le 26 mars à Atakpamé avec les acteurs du secteur. Jusque-là, rien à signaler.

C’est en bas du document que la curiosité commence. La note est signée par le colonel Ouro-Koura Agadazi, directeur général de l’ANSAT… et accessoirement ambassadeur du Togo en France depuis février 2025. Pourtant, le document précise bien : « Fait à Lomé ».

Faut-il y voir une simple formule administrative ou le symptôme d’un fonctionnement pour le moins approximatif de l’État ? En l’absence d’explication officielle, la situation interroge sérieusement : comment un même responsable peut-il assumer des fonctions censées s’exercer à Paris tout en continuant à signer des documents « à Lomé » ? Un pied à Paris, l’autre à Lomé ?

Il faut le croire. Le colonel Agadazi semble peu perturbé par la distance. Depuis Paris, le natif de Sokodé garde visiblement la main assez longue pour signer des documents à Lomé sans bouger de son fauteuil. À ce niveau, ce n’est plus de la gestion à distance, c’est presque un talent surnaturel : celui d’être là-bas tout en restant ici.

Dans un pays où le cumul de fonctions est fréquent, certains responsables semblent exercer plusieurs rôles simultanément : ministres-maires, dirigeants de structures publiques… Une situation qui soulève, de façon légitime, des questions sur la rotation des responsabilités et sur la place laissée aux nouvelles générations.

Le cas du colonel Agadazi n’est qu’un exemple parmi d’autres de cette pratique observée au sommet de l’État togolais. Une illustration qui, bien qu’inhabituelle, montre à quel point le stylo peut parfois voyager plus vite que le fonctionnaire.

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