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Togo- Les grandes décisions du Conseil des ministres du 1er avril 2026

Le Conseil des ministres s’est réuni ce mercredi 1er avril  2026, sous la présidence de Faure  Essozimna GNASSINGBE, Président du Conseil. Au cours des travaux, le Conseil des ministres a examiné et  adopté trois (3) projets de loi, quatre (4) décrets, écouté trois  (3) communications et procédé à une nomination.

  • Au titre des projets de loi

    • Le Conseil des ministres a adopté le projet de loi  portant organisation de la concurrence et protection des  consommateurs au Togo

    Dans un contexte marqué par l’intensification des échanges  commerciaux, l’essor des technologies de l’information  et de la communication, ainsi que par les engagements  Compte rendu  du Conseil des ministres communautaires et régionaux du Togo au sein de l’UEMOA,  de la CEDEAO et de la ZLECAf, il est apparu nécessaire de  moderniser le cadre juridique national applicable à la  concurrence et à la protection des consommateurs.  

    Le projet de loi adopté vise à moderniser le cadre juridique  national en matière de concurrence, en remplacement  de la loi n° 99-011 du 28 décembre 1999, devenue  insuffisamment adaptée aux mutations économiques et  technologiques.  Il consacre la liberté de commerce et la liberté des prix,  tout en encadrant les pratiques anticoncurrentielles telles  que les ententes, les abus de position dominante et les  opérations de concentration. Le texte renforce également la protection des  consommateurs à travers l’amélioration de l’information,  la transparence des transactions commerciales et la lutte  contre les pratiques déloyales.

    Sur le plan institutionnel,  il prévoit la création d’une commission nationale de la  concurrence et de la protection des consommateurs  chargée de veiller à l’application effective de ces règles sur  l’ensemble du territoire national.

     L’adoption de ce texte contribuera à améliorer la  transparence des relations économiques, à sécuriser les  échanges commerciaux et à renforcer l’attractivité du  Togo pour les investisseurs.

    • Le Conseil des ministres a ensuite adopté deux  (2) projets de loi autorisant respectivement l’adhésion du  Togo : – à la convention sur la sûreté nucléaire adoptée à  Vienne le 17 juin 1994 ;  – à la convention de Vienne relative à la responsabilité civile en matière de dommages nucléaires, adoptée à  Vienne le 21 mai 1963.

    La première convention vise à établir et maintenir un  haut niveau de sûreté nucléaire à l’échelle mondiale, à  protéger les populations et l’environnement contre les  rayonnements ionisants, et à prévenir les accidents dans  les installations nucléaires civiles.  

    La deuxième convention instaure un régime harmonisé  de responsabilité civile applicable aux dommages  nucléaires, en consacrant la responsabilité de l’exploitant,  en définissant les obligations en matière d’assurance  et de garanties financières, et en précisant les règles  d’indemnisation et de compétence juridictionnelle en cas  d’accident.

    Par son adhésion à ces deux conventions, le Togo confirme  son engagement en faveur d’une utilisation sûre, sécurisée  et pacifique des technologies nucléaires, et renforce son  cadre juridique en matière de responsabilité nucléaire.  

    Cette démarche s’inscrit dans le prolongement de la  loi adoptée en 2020 relative à l’utilisation sûre, sécurisée  et pacifique du nucléaire et de la création de l’Autorité  nationale de sûreté et de sécurité nucléaires.

    • Au titre des décrets

     • Le Conseil des ministres a adopté le décret portant  création, attributions, organisation et fonctionnement de  la cellule de gestion du Projet de réformes foncières pour  l’accroissement de la productivité agricole (Pro-REFPA)

    Ce décret s’inscrit dans la continuité du projet de reformes  foncières pour l’accroissement de la productivité agricole  mis en œuvre dans le cadre du Programme Seuil du Millennium Challenge Corporation.

    A la suite de l’arrêt  du financement du projet, le gouvernement a décidé  d’assurer, en régie nationale, la pérennisation des acquis  issus de ce projet, qui a permis d’expérimenter, sur cinq  (5) sites pilotes, des approches innovantes en matière de  cartographie foncière, d’enregistrement des droits et de  prévention des conflits fonciers.

    La cellule ainsi créée aura pour mission d’assurer la continuité  opérationnelle du projet, la consolidation des résultats  obtenus, notamment la cartographie de 2 645 hectares et  le règlement de certains conflits fonciers anciens, ainsi que  la capitalisation des outils et méthodologies développés,  en vue de soutenir l’extension progressive des réformes  foncières rurales à l’échelle nationale.

    Ce dispositif contribuera à renforcer la sécurisation  foncière en milieu rural, à améliorer l’accès des populations  aux terres agricoles et à favoriser un climat propice à  l’investissement dans le secteur agricole.

    • Le Conseil des ministres a ensuite adopté le  décret portant création, attributions, organisation et  fonctionnement de l’Autorité togolaise des frontières (ATF) Face aux enjeux stratégiques liés à la gestion des  frontières, notamment terrestres et maritimes, dont la  maîtrise constitue un facteur essentiel de paix, de stabilité  et de développement, le gouvernement a décidé, dans le  souci de renforcer la cohérence de l’action publique dans  ce domaine, de regrouper, au sein d’une autorité unique,  les missions jusque-là exercées par deux commissions  distinctes.  

    C’est dans ce contexte que s’inscrit la création de l’Autorité  togolaise des frontières (ATF).

    L’ATF a pour missions, notamment de prévenir les risques  de différends territoriaux avec les Etats voisins, de  formuler toutes propositions relatives à la délimitation, à  la matérialisation et à la gestion des frontières nationales  et internationales, de centraliser, sécuriser et organiser  les données frontalières détenues par les différents  départements ministériels, ainsi que de contribuer à la  gestion et au règlement des différends frontaliers. Elle  participera également au renforcement de la coopération  transfrontalière et à la consolidation de la souveraineté  territoriale nationale.

    • Le Conseil des ministres a également adopté le  décret fixant les indemnités de fonction des chefs de  canton et assimilés pour l’exercice 2026 Conformément aux dispositions de la loi n° 2007-002  du 8 janvier 2007 relative à la chefferie traditionnelle, ce  décret fixe, au titre de l’année 2026, le montant annuel des  indemnités allouées aux chefs de canton régulièrement  reconnus et effectivement en fonction au 1er janvier 2026.  

    • Le Conseil des ministres a enfin adopté des décrets  portant reconnaissance de la désignation de quinze  (15) chefs de canton par voie coutumière et par voie de  consultation populaire  Conformément à l’article 14 de la loi n° 2007-002 du 8 janvier  2007 relative à la chefferie traditionnelle, la désignation de  chaque chef de canton, selon les usages propres à chaque  localité, par voie coutumière ou par consultation populaire,  est constatée par procès-verbal avant d’être entérinée  par décret en Conseil des ministres.

    En application de ces dispositions, quinze (15) chefs de canton ont été régulièrement désignés conformément aux  pratiques en vigueur dans leurs localités respectives. Les décrets adoptés confèrent aux intéressés la  reconnaissance juridique nécessaire à l’exercice de leurs  fonctions.  3. Au titre des communications

    • Le Conseil a écouté une communication relative  à la mise en place du Guichet unique de cartographie  des infrastructures et au déploiement du réseau national  de correction centimétrique (CENTIPOS), présentée  par le ministre de l’efficacité du service public et de la  transformation numérique Notre pays connaît une intensification des travaux  d’infrastructures confrontée à l’absence d’un  référentiel national consolidé des réseaux enterrés  (télécommunications, électricité, eau, gaz).

    Cette lacune  entraîne régulièrement des sectionnements de câbles et  de conduites, générant des coûts de réparation élevés et  des interruptions de services pour les usagers. Pour y remédier, le gouvernement a mis en place un Guichet  unique de cartographie des infrastructures.

    Ce dispositif  impose désormais aux opérateurs une coordination  systématique dans la réalisation des infrastructures  pouvant affecter celles existantes. Ce Guichet sera  soutenu par le déploiement du réseau CENTIPOS, composé  de stations de référence GNSS réparties sur l’ensemble  du territoire, offrant une précision de positionnement au  centimètre près.

    Ce Guichet, dont le lancement officiel est prévu pour le 2  avril 2026, permettra de fiabiliser les travaux de cadastre, d’urbanisme et de génie civil, tout en sécurisant les  investissements structurants du pays. Toutefois, pour rendre opposable le dispositif aux  opérateurs et acteurs concernés, ce guichet doit être  soutenu par une base juridique, définissant les droits et  obligations de l’ensemble des acteurs concernés, assurant  ainsi la légalité et la sécurité des opérations.  

    Le Conseil des ministres a donc autorisé le ministre chargé  de l’efficacité du service public à procéder au lancement  de ce guichet et à lui soumettre, lors d’une prochaine  séance, le projet de décret y afférent pour approbation.

    • Le Conseil des ministres a ensuite écouté une  communication relative à l’état d’avancement du  Programme de partenariat pays (PCP) entre la République  togolaise et l’Organisation des Nations Unies pour le  développement industriel (ONUDI), présentée par le ministre  délégué chargé de la promotion des investissements Cette communication fait suite aux engagements  pris lors de la 20ème Conférence générale de l’ONUDI  à Vienne, visant à doter le Togo d’un nouveau cadre  programmatique pour son développement industriel.

    Le  PCP repose sur une approche de partenariat multi-acteurs  destinée à mobiliser des ressources et des expertises pour  la réalisation de projets industriels d’envergure. Ce cadre programmatique, signé le 22 novembre 2025 à  Riyad en marge de la 21e Conférence générale de l’ONUDI,  vise à renforcer la base industrielle nationale, à accroître la  valeur ajoutée locale, à créer des emplois productifs et à  améliorer la compétitivité de l’économie nationale.

    La phase d’exécution appelle désormais la mise en place d’une coordination interinstitutionnelle du développement  industriel et des ajustements institutionnels ciblés, avec  l’appui technique continu de l’ONUDI. A cet effet, le Conseil des ministres a autorisé :

    – la mise en place d’une coordination  interinstitutionnelle et d’un comité technique permanent  dédiés au développement industriel ;

     – la revue du cadre organisationnel de l’administration  industrielle nationale ;

    – l’engagement de discussions pour l’actualisation  du cadre de coopération, incluant un renforcement de  la représentation de l’ONUDI au Togo pour un suivi de  proximité de l’exécution du programme.

    • Le Conseil des ministres a enfin écouté une  communication relative aux impacts du conflit au Moyen- Orient sur l’économie togolaise, présentée par le ministre  des finances et du budget

    La persistance des tensions géopolitiques au Moyen Orient  pèse sur l’économie mondiale, à travers la perturbation  des routes maritimes stratégiques du commerce  international. Cette situation entraine une hausse des  coûts du transport maritime, du pétrole, du gaz naturel et  des engrais, avec pour conséquences un renchérissement  des coûts énergétiques et des pressions inflationnistes.  Les économies les plus vulnérables sont particulièrement  exposées aux chocs de cette crise.  

    Dans ce contexte, l’économie du Togo, comme l’ensemble  de celles de la sous-région, n’est pas à l’abri des effets  indirects. Une vigilance particulière s’impose à plusieurs  niveaux, notamment sur l’évolution des coûts d’importation  des produits pétroliers et ses conséquences sur les secteurs économiques. Bien que les échanges commerciaux  directs du Togo avec les pays concernés soient limités, les  perturbations dans les chaines logistiques internationales  pourraient également entrainer des pénuries et la flambée  des prix de certaines denrées de première nécessité, et  affecter la dynamique de l’activité portuaire.  

    A ce stade, l’évolution de la situation demeure très incertaine,  ce qui rend inopportun l’élaboration des scénarios chiffrés  et précis.  Face à cette situation, le gouvernement entend adopter  une démarche prudente et responsable. Des réflexions  sont en cours afin d’identifier, le moment venu, les mesures  les mieux adaptées pour préserver le pouvoir d’achat  des populations et maintenir la stabilité des finances  publiques, en cohérence avec les recommandations des  instances sous régionales. Le Président du Conseil a instruit  les ministres concernés de poursuivre le suivi attentif de  l’évolution de la situation et d’en rendre régulièrement  compte.  

    • Au titre des nominations

    Pour le compte du ministère de l’environnement, des  ressources forestières, de la protection côtière et du  changement climatique :  

    Le Lieutenant-Colonel ATAFAÏ Tchangani est nommé chef  du corps des agents des eaux et forêts.

    Fait à Lomé, le 1er avril 2026  

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