À l’Institut Français du Togo, le projet Accès Culture, Traces et Héritages a clôturé deux années d’activités avec une soirée artistique et citoyenne mêlant slam, plaidoyers, humour et musique. Une édition spéciale portée par des talents venus du Togo, du Bénin et du Tchad.
Jeudi 21 mai 2026, 19 heures. La scène Jimi Hope de l’Institut Français du Togo s’anime. Le collectif Bahati ouvre la soirée par une performance immersive, visuelle et sonore, plongeant le public dans un univers où l’héritage culturel dialogue avec la jeunesse comme mémoire vivante. Le ton est donné : ce soir, la parole ne sera pas symbolique. Elle sera utile.
C’est ainsi que le projet « Accès Culture, Traces et Héritages » a choisi de tirer sa révérence, en beauté et en profondeur, à travers une édition spéciale du Grand Oral consacrée au thème « Traces et Héritage : plaidoyer et valorisation des InPaCTS ».
Une scène, plusieurs voix
Ce qui frappe d’emblée, c’est la dimension panafricaine de la soirée. Sur la scène Jimi Hope se succèdent des jeunes artistes togolais, mais aussi Carlos Zinsou venu du Bénin, conteur dont les récits tissent mémoire, transmission et identité à travers les traditions orales africaines, et Mawndoé, artiste tchadien dont la performance musicale engagée sur l’identité et la conscience sociale a constitué le temps fort émotionnel de la nuit.
Entre ces deux pôles, une séquence centrale de plaidoyers et témoignages où des bénéficiaires du projet Accès Culture ont pris la parole pour transformer leurs expériences en propositions concrètes à destination des décideurs. Hubert Abalo sur le rôle des arts oratoires dans le vivre-ensemble, Grace Dogble repositionnant la culture comme levier des politiques publiques, Mygiab défendant en slam le droit d’imaginer comme droit fondamental : autant de voix qui ont démontré que la culture n’est pas un luxe, mais un outil structurant pour les sociétés africaines.



Le comédien Jocelyn Dogbo a quant à lui assuré la respiration de la soirée avec un stand-up incisif, provoquant le rire sans jamais sacrifier la réflexion. Dans sa toge noire, l’humoriste togolais s’est improvisé avocat, plaidant devant un juge imaginaire pour la valorisation de la culture et un soutien indéfectible à la jeunesse qui, par sa créativité, porte loin le flambeau culturel.
Satisfaction
Coordinatrice de Joutes Verbales Francophones, Farida Moustapha était visiblement satisfaite au sortir de la soirée. Elle revient sur le sens de cet événement. « À travers les différentes prestations de ce soir, on a compris à quel point l’art est important. À travers la création, on peut renforcer les liens, guérir des blessures, arrêter des conflits », confie-t-elle. Pour la coordinatrice, cette édition spéciale marquant la clôture du projet « Accès Culture, Traces et Héritages » portait un message politique assumé : « À un moment donné, les politiques publiques doivent mettre la culture au sein de leurs préoccupations. Ce n’est pas un secteur marginal. C’est un levier pour l’éducation, la jeunesse et le développement. »
La soirée s’inscrivait d’ailleurs dans la continuité d’un forum de plaidoyer organisé la veille à l’intention des autorités togolaises. Quant à l’avenir, Farida Moustapha est formelle : le Grand Oral continuera, réunissant slam, humour, rap et plaidoyer autour d’une conviction simple, la parole, quand elle est utile, peut tout changer.
Notons que « Accès Culture, Traces et Héritages » est un projet porté par JUNA Togo et IYAWO, avec l’appui de l’Agence française de développement et de l’Institut français du Togo.
