À Lomé, l’élection du nouveau président béninois est perçue comme une fenêtre diplomatique à ne pas laisser passer. Faure Gnassingbé a discrètement pris contact avec le président béninois nouvellement élu pour le féliciter.
C’est un geste discret, mais lourd de sens. Selon Africa Intelligence, le Président du conseil Faure Essozimna Gnassingbé a pris contact en coulisses avec Romuald Wadagni pour le féliciter de sa victoire à l’élection présidentielle béninoise du 12 avril dernier. Le ministre des Finances du Bénin, dauphin du président sortant Patrice Talon, a remporté ce scrutin avec plus de 94 % des suffrages.
À Lomé, ce coup de fil ou ce message n’a rien d’anodin. Dans les cercles du pouvoir togolais, l’arrivée de ce technocrate discret à la tête de Cotonou est perçue comme une opportunité rare de renouer les fils d’un dialogue quasiment rompu entre les deux voisins, sur fond d’accusations mutuelles de déstabilisation. Les tensions entre les deux capitales, entretenues ces dernières années par des soupçons persistants sur des soutiens croisés à des opposants, avaient sérieusement plombé une relation pourtant appelée, par la géographie et l’histoire, à être étroite.
Vers un dégel ?
Dans l’un de ses récents discours, le président béninois nouvellement élu a affiché sans ambiguïté sa volonté de renouer avec les voisins : « Si nous ne collaborons pas davantage avec nos voisins, nous allons déplacer le problème, le problème reviendra. Nous devons nous parler, aborder ces défis ensemble. Nous n’avons pas le choix. Nous allons saisir l’occasion du renouvellement à la tête de l’État pour repartir vers nos voisins qui peinent à nous faire confiance. »
Le ton est déjà donné. De l’autre côté de la frontière, Faure Gnassingbé, dont la diplomatie personnelle reste l’un des actifs les mieux entretenus du régime, semble avoir décidé de saisir lui aussi l’occasion offerte par l’alternance à Cotonou. Le contact discret avec Wadagni envoie un signal sans équivoque : Lomé est prête à tourner la page.
