Advertisements

« Génération Togo » : l’opposition unie autour d’un manifeste pour une transition et un nouveau contrat social

Quatre regroupements de l’opposition togolaise ont rendu public ce mardi à Lomé, un manifeste commun, portant une vision de rupture politique et de refondation républicaine. Un texte qui s’adresse moins aux militants qu’aux Togolais dans leur ensemble.

Ce n’est pas un vision de plus. C’est du moins ce que tient à préciser d’emblée le Manifeste Génération Togo, rendu public lors d’une conférence de presse animée ce mardi à Lomé par ces quatre formations – la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK Originale), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), Lumière pour un Développement dans la Paix (LDP) et le front Touche Pas à Ma Constitution. Le document se veut une vision collective, adressée à tous les Togolais, y compris, disent ses auteurs, aux militants du parti au pouvoir : Unir (Union pour la République).

Le constat de départ est sévère : soixante ans de gouvernance jugée monarchique, une jeunesse contrainte à l’exil, des richesses naturelles (phosphate, or, manganèse, position portuaire stratégique) dont les fruits profitent seulement à une minorité. Le manifeste pose la question en ces termes : « Ce pays n’a pas besoin d’un nouveau chef providentiel. Il a besoin que ses enfants reprennent ce qui leur appartient et le reconstruisent avec leurs propres mains. »

« Nous rêvons d’un autre Togo, c’est ça qui va nous rassembler. Il s’agit de prendre le problème togolais par le bout qu’il faut et de définir ce qu’il faut faire », a souligné la députée Mme Adjamagbo-Johnson.

La feuille de route proposée est séquencée en trois temps. D’abord une mobilisation citoyenne pacifique pour contraindre le pouvoir à accepter une Transition. Ensuite une transition inclusive impliquant toutes les forces vives de la nation, opposition, société civile, syndicats et diaspora, a précisé Jean Kissi. Enfin, des assises nationales pour refonder les institutions sur une constitution réellement approuvée par le peuple et des élections libres et transparentes.

Nathaniel Olympio, porte-parole du front Touche Pas à Ma Constitution, a insisté sur le caractère inédit de la démarche : « Nous entrons dans une révolution de pensée, de politique et d’éthique. Ce que nous avons mis sur la table, nous demandons aux Togolais de se l’approprier. La transition est une étape décisive, mais ce n’est pas une fin en soi. » Gérard Adja, lui, a tenu à ouvrir le champ au-delà de l’opposition traditionnelle : « La vision que nous proposons vaut également pour les militants d’Unir, parce que la situation du pays ne les arrange pas non plus. »

« Ce n’est pas un document de plus. Nous rentrons dans une révolution de pensée. La seule sortie qui s’impose aujourd’hui, c’est la transition pour refonder la République », a rappelé Nathaniel Olympio, porte-parole Touche Pas à Ma Constitution

Sur le fond, le manifeste articule plusieurs engagements concrets : état de droit et élections transparentes, justice indépendante, tolérance zéro à la corruption, souveraineté économique par la transformation locale des ressources naturelles, et un pacte armée-nation pour faire des forces de défense un outil de développement face aux défis contemporains – terrorisme, cybersécurité, piraterie maritime.

Le document se distingue aussi par une autocritique rare dans le paysage politique togolais. Ses signataires reconnaissent que l’opposition a elle-même déçu : « Les divisions, le leadership inefficace, les querelles et les alliances de circonstance sans lendemain ont coûté cher au peuple », lit-on dans le manifeste.

Une façon de dire que ce manifeste ne sollicite pas la confiance aveugle, mais une adhésion à une vision qui, affirment-ils, n’appartient à aucun parti ni à aucun leader.

Le document est téléchargeable sur IciLome.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *