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Impossible mue au Togo : Faure abandonne la terre pour le ciel

Alors que tout est á refaire chez lui au Togo en matière d’infrastructures routières en témoignent les dégâts á chaque pluie et les multiples accidents sur les voies exécrables, Faure Gnassingbé a trouvé plutôt un nouveau chantier: le panafricanisme aérien  dans le ciel africain.

Pour exister à l’extérieur, le Togo ne manque pas de sujet. La nouvelle trouvaille est la première convention et exposition africaines du transport aérien organisée à Lomé du 15 au 19 juin 2026.L’ouverture de cette rencontre a été marquée par la présence du  Président rwandais Paul Kagame et de l’ancien président Olusegun Obasanjo aux côtés de Faure Gnassingbé. Pendant cinq jours, plus de 500 participants venus de plusieurs pays africains et d’ailleurs ont échangé sur les défis et perspectives du secteur notamment  la mise en œuvre du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), la réduction des taxes et redevances, le financement des infrastructures aéroportuaires, ainsi que la transformation numérique du transport aérien.

Faure Champion contrasté du ciel 
    A l’ouverture de cette énième rencontre dans la capitale togolaise, le Président du Conseil a été bien prolixe. « Les exigences de sûreté, de sécurité et de qualité doivent rester élevées, mais les taxes, frais et charges doivent être plus transparents, plus prévisibles et mieux pensés à l’échelle continentale.  Nous parlons souvent de l’aviation à travers le transport des passagers. Mais l’aviation est aussi une infrastructure économique. Elle peut soutenir l’agriculture, l’industrie, la santé, le commerce numérique, les exportations à forte valeur ajoutée et les chaînes de valeur régionales. Le fret aérien doit donc occuper une place plus importante dans nos stratégies logistiques. C’est ici que le lien avec la Zone de libre-échange continentale africaine est essentiel » a-t-il déclaré.

Pour M. Gnassingbé désigné Champion du Marché unique du transport aérien africain» accueillir cette Convention n’est pas seulement un honneur. C’est un engagement. Car notre pays a fait le choix de se positionner comme une plateforme commerciale et logistique régionale. Cette ambition n’a de sens que si elle contribue à une ambition plus large : celle d’une Afrique qui se relie davantage à elle-même pour mieux se transformer.» Face aux réalités même du transport aérien au Togo, en quoi le Togo n’est pas un bon exemple?

Aéroport de Lomé plombé par des surtaxes
 Le combat sur la mise en œuvre de la MUTAA est une question essentielle pour la viabilité du transport aérien africain. Pour gagner ce combat noble, il y a lieu de l’entourer de tout le sérieux et toute la responsabilité requise.

En ce sens, le Togo petit pays avec un seul véritable aéroport ,  n’a rien à revendiquer face aux mastodontes à l’image du  Nigéria, de l’Afrique du Sud, du Maroc. En plus, le Togo demeure un très mauvais élève en matière de surtaxes des billets d’avion, principal obstacle au transport aérien africain.
    Début août 2025,   le Directeur Général d’Asky  Esayas Woldemariam Hailu n’en pouvant  plus, avait lâché le morceau.

Pour lui,  l’un des principaux freins au développement du transport aérien en Afrique reste le coût des billets. « En moyenne, les taxes représentent entre 35% et 65% du prix total. C’est énorme », tance-t-il. Quand bien même qu’il dessert aujourd’hui 25 destinations africaines à partir de Lomé, il envisage accroître ses fréquences vers plusieurs destinations africaines mais il reste coincé par les taxes hors de portée.

Pour l’Ethiopien à la tête de la compagnie créée par le Togolais Gervais Koffi Djondo, les prix élevés ne sont pas seulement liés à la compagnie, mais aussi aux charges imposées par les autorités aéroportuaires et fiscales.

Il n’est un secret pour les voyageurs. La surtaxe des billets  oblige plusieurs voyageurs à partir de Lomé  dont des concitoyens togolais à aller prendre des vols à Cotonou au Bénin ou à Accra au Ghana. Selon les destinations, la différence des prix se situerait entre cent et quatre cent mille francs CFA. Ils préfèrent prendre des taxis pour rallier Cotonou ou Accra au départ ou rejoindre Lomé au retour.

Le bon sens  recommande qu’avant d’accueillir  cette rencontre autour du thème «faire du ciel africain un espace plus ouvert, plus accessible, plus compétitif et plus utile à la transformation de nos économies», Faure Gnassingbé avec son Togo travaille à gommer ces taches noires visibles à l’œil nu et connues de tous les voyageurs dont certains participants. En quoi le Champion MUTAA est-il utile à ce combat s’il n’est pas prêt lui-même à montrer la voie à suivre? Après avoir échoué sur terre, le ciel ne saurait constituer un refuge pour un soi-disant panafricanisme aérien.

Kokou AGBEMEBIO

Source : Lecorrecteur.tg

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