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Togo- Avec HUMANIS 2026, Lomé veut faire de la prévention un réflexe national

Pendant cinq jours, le Centre togolais des expositions et foires (CETEF) se transforme en un vaste laboratoire de santé publique à ciel ouvert. Du 23 au 27 juin, la deuxième édition du Salon de la santé et du bien-être, HUMANIS 2026, réunit à Lomé décideurs, soignants et population autour d’un mot d’ordre martelé tout au long de la cérémonie d’ouverture : la santé ne se joue pas seulement à l’hôpital, elle se construit au quotidien.

Changer de paradigme

C’est le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, Jean Tessi, qui a donné le ton. Pour lui, le système togolais doit rompre avec une logique purement curative [soigner, traiter, opérer, réparer, sauver] devenue insuffisante face à la montée des maladies chroniques, de la sédentarité et des troubles liés à la santé mentale.

Le ministre a été sans détour : une part importante des maladies cardiovasculaires, des accidents vasculaires cérébraux, du diabète de type 2 et de certains cancers pourrait être évitée si l’investissement dans la prévention était renforcé. Il a aussi tenu à replacer chaque citoyen au centre du dispositif, rappelant que si l’État organise et régule, et que les professionnels de santé soignent et accompagnent, c’est bien chaque individu qui détient un pouvoir réel sur sa propre santé, qu’il s’agisse d’éviter l’automédication, de pratiquer une activité physique régulière ou de se méfier des fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux.

Un pari déjà gagné l’an dernier

À ses côtés, le Directeur général du CETEF, Dr Alexandre De Souza, a dressé le bilan d’une première édition jugée encourageante : 45 exposants, près de 5 000 visiteurs et plus de 900 consultations médicales gratuites, accompagnées de dépistages et de dons de lunettes. Des résultats qui ont convaincu les organisateurs de transformer l’initiative en rendez-vous annuel. Le DG a insisté sur la dimension transversale de l’événement, rappelant la mobilisation des ministères de la Santé, des Sports, de l’Agriculture, de l’Eau et de l’Environnement, preuve que la santé publique togolaise ne se pense plus en silo. Son ambition affichée : faire du salon « une plateforme nationale de référence » capable de rapprocher professionnels, institutions et populations.

La santé, aussi affaire d’économie

Représentant le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, le directeur de cabinet a élargi le débat en présentant la santé comme un secteur d’investissement et de croissance à part entière, créateur d’emplois et d’innovation. Selon lui, miser sur la prévention permettrait non seulement d’améliorer la qualité de vie des Togolais, mais aussi d’alléger durablement la pression sur les finances publiques et sur un système de soins encore fragile.

La désinformation sanitaire, nouvel ennemi commun

Du côté du secteur privé, le président de la Plateforme du secteur privé de la santé (PEPS Togo), Dr Kpeto Koundé Innocent, a pointé un défi plus contemporain : la prolifération de contenus médicaux non fiables sur les réseaux sociaux, qui influencent les comportements des patients au détriment des prescriptions médicales. Une inquiétude relayée par le Professeur Didier Koumavi Ekouevi, qui a plaidé pour une véritable culture de la prévention reposant sur des habitudes simples, sommeil, alimentation, activité physique, suivi médical, comparant le corps humain à un véhicule qu’il faut entretenir avant la panne, plutôt que réparer après.

Cinq jours d’action concrète

Au-delà des discours, le programme se veut résolument pratique : consultations gratuites, campagnes de dépistage, dons de sang, conférences, tables rondes, démonstrations d’activités sportives et ateliers de sensibilisation occupent le CETEF jusqu’au 27 juin. L’entrée reste libre et gratuite, signe de la volonté des organisateurs de toucher le grand public autant que les professionnels.

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