Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) a publié jeudi à Lomé une déclaration dénonçant les entraves administratives imposées, selon lui, aux initiatives citoyennes sur le continent africain.
Dans ce texte signé par son président, le pasteur Edoh K. Komi, le MMLK affirme constater qu’en Afrique, des citoyens « qui ne sont pas des dirigeants » sont « prêts, non seulement à parler pour l’Afrique, mais surtout à agir pour l’Afrique ». Malheureusement, leurs initiatives sont « très souvent interdites, bloquées ou étouffées par des administrations ministérielles ».
Le mouvement y voit un « gâchis d’intelligence », en ce que des « solutions concrètes venues du terrain » seraient ainsi neutralisées, un « gâchis d’engagement », qui « décourage une jeunesse qui veut bâtir, pas protester », et une « erreur stratégique », consistant à laisser croire que seuls les dirigeants auraient le droit de penser l’avenir du continent.
« On n’a pas besoin d’être dirigeant africain avant de parler, de proposer, d’agir pour l’Afrique », affirme le MMLK, pour qui « l’Afrique appartient à tous ses enfants, pas seulement à ceux qui occupent un fauteuil ».
L’organisation adresse trois demandes aux gouvernements africains : ouvrir l’espace civique en facilitant les initiatives citoyennes d’intérêt général, faire confiance au terrain — un jeune, une association ou un innovateur pouvant, selon elle, « apporter plus qu’un long discours » —, et privilégier l’accompagnement plutôt que le contrôle, avec « moins d’interdictions administratives, plus de cadres de partenariat ».
Le texte conclut sur un appel à un changement de regard : le Togo et l’Afrique, selon le MMLK, « gagneront le jour où le dernier citoyen engagé sera considéré comme un partenaire de la République, et non comme une menace ».
