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Inondations à Lomé : l’APD dénonce l’échec des politiques publiques

Après les graves inondations de juin 2026, l’Alliance politique pour la démocratie (APD) dénonce les insuffisances des politiques publiques en matière d’assainissement et de protection des populations. Elle appelle à une mobilisation populaire de l’ensemble des forces de l’opposition pour engager une véritable alternative politique au Togo.

ALLIANCE POLITIQUE pour la DEMOCRATIE (APD)

DECLARATION

de l’Alliance Politique pour la Démocratie (APD) relative aux inondations de juin 2026 au Togà

  1. Les 29 et 30 juin 2026 particulièrement, des pluies torrentielles se sont abattues sur les 13 communes du Grand Lomé, provoquant de très importantes inondations à Adakpamé, Agoè-Nyivé, Akodesséwa, Bê-Kpota, Bernard-kopé, Hanoukopé, Nyekonakpoé etc. : débordement des eaux lagunaires dans les zones basses, routes et concessions submergées, familles pataugeant dans leurs maisons inondées, d’autres réfugiées au-dehors, vieillards sur leur couche pris au piège des eaux, enfants sous le choc, centaines d’habitations détruites ou endommagées, dégâts matériels considérables, biens et marchandises irrécupérables, plus de 23.000 personnes sinistrées, plusieurs décès… La détresse humaine est partout et l’indignation, la colère, les appels désespérés à l’aide, sont le lot des populations, tandis que le pompage improvisé des eaux rejetées dans les rues incommode des riverains, créant la discorde dans certains quartiers… Partout, l’urgence de la réponse humanitaire en faveur des sinistrés est une nécessité.
  2. Les experts dénoncent pêle-mêle les insuffisances du système d’évacuation des eaux pluviales, les canaux de déversement défectueux aggravant les inondations, les caniveaux et collecteurs insuffisants ou obstrués, les constructions dans des zones inondables… et recommandent d’urgence la nécessité d’investir durablement dans des infrastructures efficaces de drainage pour éviter de telles catastrophes qui continuent de plonger des milliers de familles togolaises dans la détresse, sachant que par ailleurs, des préfectures comme celles du Bas-Mono ou de Yoto sont également touchées…
  3. Sont premièrement en jeu la planification urbaine et la protection des zones à risques, du ressort des pouvoirs publics qui en fixent les règles et contrôlent leur application : c’est seulement dans ce cadre en principe que, pour construire, interviennent les acteurs privés et les citoyens. Ce sont les pouvoirs publics qui établissent les plans d’occupation des sols et notamment les zones non constructibles, délivrent ou refusent les permis de construire en protégeant les zones naturelles d’écoulement des eaux (lagune, bas-fonds, marécages) et réalisent les infrastructures d’assainissement… Mais, à Lomé, force est de constater les retards et les négligences dans la réalisation des réseaux de drainage face notamment à l’expansion rapide de la capitale, ainsi que le contrôle insuffisant des lotissements et la tolérance pour le moins, de l’urbanisation dans des zones réputées dangereuses…
  4. L’Etat est donc le premier responsable de la résurgence des désastres sociaux causés par les inondations : les fortes pluies sont des phénomènes naturels, mais les sinistres causés aux populations sont eux, des conséquences de politiques publiques, inefficaces pour le moins !.. Comment comprendre par exemple, que l’excavation du bassin artificiel de rétention des eaux pluviales baptisé « 4e Lac de Lomé », inauguré en 2018, et les ouvrages de drainage censés réduire fortement débordements et inondations des zones riveraines de la lagune, n’aient pas tenu les promesses du vaste Projet d’aménagement urbain du Togo (PAUT-II) ?.. Ou que les déclarations officielles (2019, 2020, 2023) lors de la mise en service de bassins de rétention, collecteurs et caniveaux (Projet d’infrastructures et de développement urbain (PIDU), déclarations selon lesquelles les inondations récurrentes ne viendraient plus pourrir la vie des populations des quartiers concernés, comment expliquer que ces déclarations n’aient pas été suivies d’effet ? Des déclarations réitérées lors du lancement, en 2025, du Projet Réseau d’assainissement par intercepteurs pour la non-inondation de nos espaces (RAINE) etc. Or, c’est en décembre 2015 déjà (il y a bientôt 11 ans !..) que le président Faure Gnassingbé affirmait, à la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP 21) de Paris : « … aujourd’hui, nous n’avons plus ce genre d’inondations à Lomé » !..
  5. Au fond, on peut ironiser en remarquant que, plus les acronymes et dénominations des projets paraissent « attrayants », moins ils ont d’effet ! Mais les conséquences elles, en sont régulièrement, humainement et socialement, intolérables… sans même mise à disposition, en pratique, de rapports d’évaluation complets à l’intention des populations : des annonces de lancement, des inaugurations ou des visites de chantier etc., oui ; des évaluations détaillées de l’efficacité des ouvrages réalisés, non ! L’Accord de Paris prévoit pourtant, par exemple, que les populations soient informées des projets prévus, des financements reçus, de l’état d’avancement des travaux, des résultats obtenus, des écarts entre les objectifs et les réalisations… Dans ces conditions, comment ne pas conclure, en généralisant, que les « élites » gouvernementales qui, après six (6) décennies, prétendent encore diriger le Togo, ont lamentablement échoué dans la réalisation de leur mission de service public, à savoir, la protection des populations et le souci de leur bien-être, la satisfaction de leurs aspirations légitimes au progrès individuel et collectif, économique, politique, social et culturel ?..
  6. De fait, l’état des services publics au Togo est proprement désastreux : sans ici approfondir le sujet, en témoignent à profusion, sans le moindre démenti officiel, les enregistrements audiovisuels indépendants révélant la situation effroyable d’hôpitaux et de centres de santé dans des villes elles-mêmes, l’incroyable pénurie de fourniture d’eau potable dans de nombreuses localités, la détérioration dangereuse ou l’absence de voies de communication publiques dans des zones urbaines, les multiples « infrastructures » de fortune dans l’éducation publique etc. C’est dès le début des années 1980 que l’Etat togolais se désengage progressivement des services publics, suite notamment à la « politique des grands travaux » des années 1970 et ses éléphants blancs, qui l’ont surendetté, l’obligeant à recourir aux diktats des institutions financières internationales et leurs plans d’austérité, les sinistres programmes d’ajustement structurel (PAS) : s’enclenche à ce moment le piège sans fin de la dette et de son remboursement…
  7. Sous le prétexte de réduire les déficits publics, d’attirer les investissements et d’augmenter l’efficacité des services publics, l’Etat togolais réduit l’investissement dans l’éducation, la santé, l’eau, privatise à-tout-va (entreprises publiques, industries, hôtellerie, banques…), les secteurs essentiels deviennent des marchandises ; l’Etat abandonne ses capacités techniques, accroît le recours aux projets financés par l’extérieur et aux opérateurs privés… Aujourd’hui, plus de quarante (40) années après, le pays est lourdement dépendant du financement extérieur et gravement surendetté, à plus de 4.500 milliards de FCFA ! Et les effets des conditionnalités du nouveau programme FMI au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) induisent une augmentation du prix de denrées de première nécessité (carburants, notamment), aggravant la vie chère et la pauvreté… Faillite des politiques économiques d’un pouvoir dont la conduite des affaires publiques depuis six décennies, au plan des libertés publiques et des droits des citoyens en particulier – retentissant désastre politique, démocratique et humain – a finalement conduit au divorce entre le peuple et les institutions, ainsi qu’à l’exigence de la fin du régime proto-dynastique dont l’avènement, en 1963, a marqué l’échec de l’entrée du Togo dans l’ère post coloniale.
  8. Ainsi, compte-tenu de ce qui précède, de ce qui s’est passé et de ce qui est à venir, l’Alliance politique pour la démocratie (APD), composée de la Convention Démocratique des Peuples Africains-Branche Togolaise (CDPA-BT) et le Parti Démocratique des Travailleurs des villes et des campagnes (PA.DE.T), déclare qu’un système d’alternance au pouvoir n’est possible au Togo qu’après la fin du régime de dictature et l’institution d’une politique alternative d’opposition à la place de celle conduite pendant plus d’un demi-siècle par le régime despotique actuel.

Réaliser ce projet politique exige donc que l’ensemble des forces de l’opposition togolaise s’engage, sans délai, dans une mobilisation populaire pour se donner une nouvelle organisation, dénuée de tout positionnement pour le pouvoir dans l’immédiat.

Lomé, 26 juillet 2026

Pour la CDPA-BT Pour le P.A.D.E.T

Le Deuxième Secrétaire, Le Secrétaire National,

E. BOCCOVI N. GBIKPI-BENISSAN

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