Advertisements

Togo – L’Ordre des médecins interpellé après des propos controversés de Mme Myriam Dossou-d’Almeida

Pr BEKETI Katanga Anthony

Une phrase prononcée en marge du débat politique togolais a suffi à faire naître une controverse d’un tout autre ordre : celui de la déontologie médicale. Le conteur et essayiste Gnimdéwa Atakpama a adressé, le 12 septembre, une lettre ouverte au président du Conseil national de l’Ordre des médecins du Togo, le Pr Anthony Kadanga Beketi, lui demandant de rappeler publiquement les règles fondamentales du serment d’Hippocrate.

À l’origine de cette démarche : des propos déplacés tenus début septembre par Myriam Dossou-d’Almeida, sixième vice-présidente de l’Assemblée nationale, laissant entendre qu’un médecin pourrait, demain, refuser de soigner un patient en raison de ses publications sur les réseaux sociaux. Selon la formule rapportée par Gnimdéwa Atakpama, à l’hôpital, un médecin « qui a une dent contre toi à cause de tes propos sur TikTok » pourrait ne pas soigner le patient concerné.

« Le médecin ne connaît pas des militants mais des malades »

Pour l’auteur de la lettre, cette sortie ne relève pas d’un simple débat politique : « Ces mots […] touchent au cœur même de la profession dont vous êtes les gardiens », écrit-il, estimant qu’ils installent dans la population « un doute redoutable » quant à la possibilité de « pousser sans crainte la porte d’un hôpital ».

S’appuyant sur le Code de déontologie médicale togolais, issu d’un décret du 21 août 2013, il rappelle plusieurs dispositions précises : l’article 11, qui impose de soigner tout malade avec la même conscience, quelles que soient ses opinions ; l’article 9, sur l’assistance à personne en péril ; l’article 38, qui interdit d’éconduire un patient déjà reçu ; ou encore l’article 47, qui défend d’abandonner ses patients même en cas de danger public.

Un appel à la prise de parole de l’Ordre

Gnimdéwa Atakpama ne demande pas de sanction, mais une clarification publique. Il exhorte le Conseil de l’Ordre à rappeler solennellement que « le médecin togolais ne connaît ni tiktokeur ni militant, mais seulement des malades », et qu’« aucune consigne, d’où qu’elle vienne et si haut placée soit-elle, ne saurait le délier de son serment ».

Diffusée également sur les réseaux sociaux sous forme de statut accompagné des hashtags #Togo, #Déontologie, #DroitÀLaSanté et #OrdreDesMédecins, cette lettre ouverte prolonge une tribune que l’auteur avait déjà consacrée aux propos de la vice-présidente de l’Assemblée nationale. Elle intervient dans un climat où la frontière entre engagement politique et droits fondamentaux, à commencer par le droit aux soins, continue d’alimenter le débat public togolais.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *