Le Togo au détour de sa Vème République a basculé dans un régime dit parlementaire qui a généré un Président de la République honorifique et un Président du Conseil des Ministres tout puissant. Quoique difficile dans l’application , le Togo traine ce boulet qui continue d’enrhumer le fonctionnement de la République. Et ce n’est pas l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO qui arrange la situation. La décision rendue le 29 janvier 2026 dans l’affaire relative au changement de constitution imposé au peuple togolais en mars et avril 2024 par le régime togolais désavoue le pouvoir de Faure Gnassingbé
En effet, la Cour relève notamment, que « le moment choisi et la teneur de la modification constitutionnelle de mars 2024 indiquent que son objectif premier était de contourner les limites imposées au mandat présidentiel par la Constitution précédente ».
Elle estime également que cette réforme, adoptée à la veille des élections législatives et sans véritable consultation nationale, constitue un abus du pouvoir de révision constitutionnelle contraire aux principes démocratiques consacrés par la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG).
La Cour souligne en outre que la modification de la Constitution est intervenue alors même que le mandat de l’Assemblée nationale ayant procédé à cette révision était arrivé à expiration.
Au point 91 de sa décision, elle affirme que « la modification constitutionnelle adoptée le 25 mars 2024, compte tenu de son timing, de son contenu et de son effet escompté, viole l’article 23(5) de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, et constitue un changement inconstitutionnel de gouvernement au sens de cette disposition ».
Une décision qui montre tout le dessous puant de cette démarche qui plombe davantage la démocratie togolaise. N’empêche, Jean-Lucien Savi de Tove , Président de la République généré par la nouvelle constitution est perçu comme un paravent pour soutenir l’innommable. Il apparait quelquefois pour recevoir les lettres de créances des Ambassadeurs.
Mais là où le sort réservé au Président interroge est le fait qu’il occupe une partie du nouveau Palais Présidentiel. Mais à chaque fois, les motards et véhicule de police qui l’escortent pour le service , garent en dehors du Palais sous les arbres de sorte tout usager de cette route à l’évidence, sait qu’il est là.Pour l’honorabilité et la respectabilité de l’institution , pourquoi ces gens ne peuvent aller à l’intérieur surtout qu’il y a suffisamment de la place à l’intérieur de ce Palais?
Finalement, Savi de Tove est-il devenu un locataire encombrant du Palais Présidentiel ?
Vivement une solution.
Kokou AGBEMEBIO
Source : Lecorrecteur.tg

