La commune de Golfe 1, à Lomé, dispose désormais d’un Cadre de Concertation sur les Systèmes Alimentaires Territorialisés (SAT). Fondé par arrêté municipal du 1er juin 2026, ce cadre a été officiellement installé le mercredi 2 septembre 2026, à l’issue d’une journée combinant formation des membres et cérémonie solennelle, en présence des autorités locales et des services techniques de l’État.
L’initiative, portée par la mairie avec l’accompagnement technique de l’ONG OADEL dans le cadre du projet ILEMSA’NU, doit déboucher sur l’élaboration d’un Plan Alimentaire Territorial (PAT).
Dans son propos introductif, Tata Yawo Ametoenyenou, président fondateur et directeur exécutif d’OADEL, a rappelé que la démarche s’inscrit dans un processus engagé depuis 2023 : « On aurait pensé que ça allait vite aller, mais on comprend que pour travailler avec l’autorité, ce n’est pas facile. » Il a resitué l’enjeu dans une perspective de souveraineté alimentaire : « Cette alimentation-là, à tous les niveaux, elle n’est plus saine comme du temps de nos parents ou de nos grands-parents […] Finalement, notre ventre dépend des autres. » Il a insisté sur le fait que l’initiative appartient à la commune, OADEL n’intervenant qu’en accompagnateur : « Ne pensez pas que c’est un cadre mis en place pour OADEL […] c’est avant tout à la commune que vous devez rendre compte. »




Cette nouvelle gouvernance alimentaire s’appuie notamment sur les résultats d’une étude conduite en 2025 par OADEL/ILEMSA’NU auprès de 591 jeunes de 15 à 24 ans, dont le périmètre a été calqué sur celui du projet. L’enquête révèle que seuls 1,2 % des jeunes ont un régime alimentaire véritablement équilibré, que près de 29 % sont en surpoids ou obèses, et que 54,2 % des ménages utilisent le bouillon cube industriel comme condiment de base.
Pour Eya Nadège Tougan, cheffe de programme à OADEL, ces données justifient la démarche engagée : « Ces données mettent en évidence des préoccupations qui dépassent la seule question des habitudes alimentaires. Elles renvoient également à des enjeux de santé publique, de valorisation des produits locaux, de protection de l’environnement et de bien-être des populations. »
Président du comité de pilotage du Cadre, Yamè Valentin Piyeliwa, secrétaire général de la commune, a résumé la philosophie de la démarche : « La santé n’a pas de prix. »
Le règlement intérieur du Cadre a été adopté et son Bureau exécutif installé le même jour, ouvrant la voie à l’élaboration prochaine de la feuille de route et du Plan Alimentaire Territorial de la commune.

