Advertisements

La CENTIF dévoile ses armes contre l’argent sale de la mer

C’est avec un réel plaisir que je prends la parole. Par ces mots, M. Tchaa Bignossi AQUITEME, Président de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières du Togo (CENTIF-TOGO) et Correspondant National du GIABA, a ouvert ce mercredi 22 octobre à la Salle CEDEAO du CASEF, les travaux de l’atelier national de diffusion et de validation du rapport sur les risques de blanchiment de capitaux liés à la criminalité maritime.

Un discours prononcé au nom du Ministre des Finances et du Budget, M. Essowè Georges BARCOLA, et il a d’emblée donné le ton : « Votre présence témoigne d’une conviction commune : la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération est l’affaire de tous. »

La vision Faure Gnassingbé en boussole

Pour le Président de la CENTIF, cette mobilisation s’inscrit dans les hautes orientations de Son Excellence M. Faure Essozimna GNASSINGBÉ, Président du Conseil. Sous son impulsion, la lutte LBC/FT/FP figure parmi les priorités de l’action publique, dans le prolongement de la vision  2026-20231 “”Protéger, Rassembler, Transformer””.

Un engagement concret : la promulgation en mars 2026 de la nouvelle loi relative à la LBC/FT/FP, alignée sur les standards du GAFI, du GIABA et de l’UEMOA. Un engagement reconnu : en juillet 2026, lors de la Grande Rencontre des Compliance Officers placée sous son haut patronage, le Prix panafricain de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme a été décerné au Président du Conseil en reconnaissance de son action pour la bonne gouvernance et l’intégrité financière.

Lomé, dix ans après la Charte

Le Togo n’a pas attendu pour faire de la sécurité maritime une priorité nationale. M. AQUITEME l’a rappelé : « Dès le 15 octobre 2016, il accueillait à Lomé le Sommet extraordinaire de l’Union africaine sur la sûreté et la sécurité maritimes qui a adopté la Charte de Lomé. »

Dix ans plus tard, l’engagement demeure intact. Lors de sa visite officielle en Chine le 11 octobre 2026, le Président du Conseil a rappelé la priorité de sécuriser le Golfe de Guinée. La sécurité maritime, a-t-il souligné, est indissociable de la sécurité économique : garantir la liberté de navigation, prévenir les trafics illicites et protéger nos espaces maritimes.

C’est tout le sens de cet atelier. L’évaluation nationale des risques de 2019 et l’évaluation mutuelle du GIABA de 2022 avaient souligné la nécessité de mieux comprendre les risques. Le Togo, de par sa position stratégique et le poids du Port Autonome de Lomé, reste exposé au trafic de stupéfiants, à la contrebande, à la pêche illicite, autant de vecteurs d’argent sale.

Trois exigences pour l’efficacité opérationnelle

Pour y répondre, la CENTIF, avec l’appui du CONAC et du PAGDSP financé par la BAD, a conduit une évaluation sectorielle des risques liés à la criminalité maritime et cinq études de typologies sur la corruption, le trafic d’espèces sauvages, le transport transfrontalier d’espèces, le secteur immobilier et la criminalité financière basée sur le commerce.

M. AQUITEME a fixé trois exigences pour ces deux jours :

1. Renforcer l’approche fondée sur les risques : hiérarchiser les risques, définir les priorités et allouer les ressources aux secteurs les plus exposés.

2. Consolider la coopération : « Aucune administration ne détient, à elle seule, l’ensemble des informations nécessaires. » Le partage d’informations doit être systématique, au niveau national, régional et international.

3. Faire de l’efficacité opérationnelle l’exigence commune : prévenir, détecter, enquêter, poursuivre et confisquer les avoirs d’origine criminelle.

Des Recommandations, Pas seulement des Constats

En déclarant ouverts les travaux, le Président de la CENTIF s’est fait l’écho de la ferme volonté du Gouvernement.

« Conformément aux orientations du Président du Conseil, le Gouvernement reste résolument engagé en faveur d’une gouvernance publique efficace et du renforcement de la confiance dans notre environnement économique« , a-t-il martelé.

Il attend de cet atelier qui réunit 80 acteurs clés – ministères, BCEAO, Haut Conseil pour la Mer, Préfecture Maritime, Port, ANR, Police, Gendarmerie, Marine nationale, OTR, banques, assurances, immobilier – des « recommandations concrètes et prioritaires, allant au-delà du simple constat. » Avant de clore son propos, il a salué l’engagement des organes nationaux de lutte, remercié le GIABA et la Banque Africaine de Développement à travers le PAGDSP, ainsi que tous les experts. Le message est clair : le Togo ne veut plus seulement subir les flux illicites qui transitent par le Golfe de Guinée. Il veut les comprendre, les traquer et les tarir à la source.

Source : finances.gouv.tg

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Are you human? Please solve:Captcha