Togo- Nathaniel Olympio: « Il faut changer la manière dont la lutte est menée »

Les partis d’opposition et la société civile ont multiplié les mobilisations ces dernières semaines, et appelé à un sursaut de la population pour dénoncer la nouvelle Constitution. Adopté il y a un an, ce texte fera basculer le pays dans la Ve République au mois de mai 2025, et devrait installer l’actuel président Faure Gnassingbé à la tête du nouveau régime parlementaire.

L’opposition togolaise a multiplié les initiatives ces derniers mois pour dénoncer la nouvelle Constitution, malgré les risques de répression. Parmi ces actions, la signature de chartes, des conférences de presse ou encore le lancement d’un Front de libération nationale.

Bien que l’objectif soit partagé par tous, les approches restent disparates. Le Front de libération nationale a ainsi sollicité l’ensemble des partis politiques d’opposition, des associations et de la société civile pour unir leurs forces. Cependant, certaines entités n’ont pas répondu à cet appel à l’unité.

Ces derniers mois, l’opposition s’est divisée sur la question de la participation aux élections sénatoriales, largement remportées par le parti au pouvoir. Le mouvement “Touche pas à ma constitution” estime que les ambitions personnelles doivent être mises de côté. « Il faut changer la manière dont la lutte est menée, explique Nathaniel Olympio, porte-parole de “Touche pas à ma constitution”. Plutôt que de chercher le pouvoir pour ensuite changer les choses, il faut un changement préalable avant toute participation électorale. »

Contexte de répression

Cette stratégie repose sur la pression populaire, un objectif difficile à atteindre dans un contexte où les manifestations sont souvent interdites.

Il y a quelques jours, un meeting à Lomé, réunissant deux grands partis politiques et la société civile, a été organisé malgré les obstacles. Environ une dizaine de bus ont été arrêtés pour empêcher les populations de se déplacer, illustrant la répression en cours. « Le régime ne veut pas que les populations se déplacent. Il a peur, commente Eric Dupuy, porte-parole de l’ANC. Il ne faut pas oublier que le président Faure Gnassingbé est au pouvoir depuis 20 ans et a modifié la constitution pour se maintenir au pouvoir. »

Face à ces contestations, le gouvernement togolais, sollicité par TV5 Monde, défend sa réforme constitutionnelle, affirmant qu’elle a été menée dans les règles de l’art. Une campagne de sensibilisation a été lancée pour expliquer le nouveau régime parlementaire, largement couverte par la télévision nationale.

Selon le gouvernement, cette réforme institutionnelle vise à renforcer l’organisation et le fonctionnement de la République, en promouvant une démocratie participative.

Commencée à Kara, dans le nord du Togo, la campagne va se poursuivre dans plusieurs villes du pays.

Source: TV5 Monde [Titre original: Au Togo, l’opposition multiplie les actions pour dénoncer la nouvelle Constitution]

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