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À Lomé, la jeune garde de la mode africaine prend le pouvoir au YAS FIMO 228

À Lomé, la mode n’est plus seulement une affaire d’élégance. Elle devient un manifeste. Vendredi 27 février, les projecteurs de l’hôtel Onomo se sont braqués sur une nouvelle génération de créateurs africains venus raconter, tissu après tissu, une autre histoire du continent : la leur.

Après une première soirée d’ouverture jeudi, ce deuxième acte du Festival international de la mode (FIMO 228) a confirmé l’ampleur de l’événement. Dans le jardin de l’hôtel Onomo, mannequins, stylistes, invités et passionnés ont assisté à un défilé dense, rythmé par quatre tableaux, chacun comme un chapitre d’une fresque africaine, des civilisations anciennes aux expressions contemporaines.

La jeunesse africaine en première ligne

Ils étaient dix créateurs, venus du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée équatoriale et du Togo. Dix signatures, dix visions, mais un même fil conducteur : réinventer l’Afrique à partir de ses propres codes.

Le batik, les étoffes traditionnelles et les matières locales ont occupé le devant de la scène. Ici, une silhouette structurée inspirée des royaumes anciens. Là, une coupe plus audacieuse, presque futuriste. Entre héritage et modernité, les collections ont raconté une Afrique en mouvement, consciente de son passé mais tournée vers l’avenir.

Sur le podium, la diva nationale Bibi Reine a également fait une apparition remarquée, incarnant cette alliance entre culture, musique et mode qui façonne désormais les grandes scènes africaines.

Une soirée manifeste pour le « Made in Africa »

Dans le public, l’enthousiasme était palpable. Les regards scrutaient chaque détail, chaque finition, chaque audace. Car au-delà du spectacle, l’enjeu est aussi économique et identitaire.

« L’Afrique regorge de talents. Il faut que les gens commencent à porter made in Africa. C’est le but du festival », insiste Jacques Logoh, promoteur du YAS FIMO 228.

Pour lui, le mouvement est déjà en marche. « La couture africaine est en train d’évoluer. On voit des jeunes couturiers qui travaillent sérieusement. Et ce soir, beaucoup d’invités portaient des créations africaines, notamment togolaises. C’est ce que nous voulons pour l’Afrique : qu’elle s’impose sur la scène internationale. »

Ce message semble déjà entendu. Robes structurées, ensembles revisités, accessoires artisanaux : le public lui-même devient vitrine.

Lomé, nouvelle scène de la mode continentale

Au-delà du défilé, le YAS FIMO 228 confirme l’ambition de Lomé de s’imposer comme une place forte de la mode africaine. L’événement, soutenu notamment par la société YAS Togo depuis près d’une décennie, attire désormais créateurs, partenaires et publics bien au-delà des frontières togolaises.

Et la suite s’annonce encore plus ambitieuse. La grande soirée de clôture, prévue ce samedi 28 février, doit réunir des couturiers venus de plus de 25 pays.

« Vous êtes attendus pour naître et renaître », lance Jacques Logoh, comme une promesse.

À Lomé, la mode n’est plus seulement un défilé. Elle devient une affirmation. Celle d’une Afrique qui ne demande plus sa place, mais qui la prend.

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