Après plusieurs années de restriction et d’interdiction des manifestations publiques, l’opposition togolaise a réussi, ce week-end, à organiser un rassemblement à Lomé. Une rencontre autorisée par les autorités et qui relance une question : assiste-t-on à une ouverture du paysage politique togolais, ou à une simple accalmie passagère ?
Regroupement du CNCC
Plusieurs centaines de personnes ont participé, ce samedi, à cette première réunion publique du nouveau Cadre national de concertation pour le changement au Togo, le CNCC. Cette coalition regroupe quatre partis politiques d’opposition et des organisations de la société civile.
Davdi Dosseh, du Front citoyen Togo debout, l’un des organisateurs, explique: “Nous voulons un changement de gouvernance, parce que le Togo, c’est un système de corruption endémique, parce que le Togo, ce sont des services sociaux de base qui sont en déliquescence, parce que le Togo, c’est un pays qui ne va pas, c’est un pays qui n’avance pas.”
Il ajoute que “depuis pratiquement plusieurs années, à chaque fois, il y a des motifs fallacieux qui sont présentés et qui conduisent à une interdiction systématique des réunions publiques pacifiques. Mais nous n’allons jamais abdiquer”.
Un assouplissement ponctuel
Alors, faut-il voir dans cette autorisation un véritable changement politique ? Pour Paul Amégankpo, analyste politique et directeur de l’Institut togolais Tamberma pour la gouvernance, il est encore trop tôt pour parler d’ouverture définitive.
« L’autorisation par le gouvernement togolais de la marche pacifique de l’opposition, ce 9 mai 2026 à Lomé, est à saluer, estime le chercheur. Mais en considérant le contexte politique global, ce geste d’ouverture est à considérer avec prudence, comme une volonté du gouvernement togolais de lever les restrictions sur les libertés de manifestation pacifique, d’association et d’exercice des activités politiques dans le pays. »
Derrière ce meeting autorisé, Paul Amégankpo reste donc prudent : « Il va falloir observer d’autres signes de volonté politique d’ouverture pour confirmer une tendance certaine vers plus d’ouverture, plus de liberté politique et associative au niveau du pays. »
Toutes nos tentatives pour avoir une réaction officielle sont restées vaines.
Les prochaines semaines permettront peut-être de savoir si cette manifestation marque le début d’un nouvel espace démocratique, ou simplement une parenthèse dans un climat politique toujours tendu.
Source: DW/ Noël Tadégnon
