Advertisements

Tribune: Faure Gnassingbé va-t-il modifier sa nouvelle Constitution ?

L'opposant Nathaniel Olympio

Le régime de Faure Gnassingbé envisage très sérieusement de faire une révision constitutionnelle, de dissoudre l’Assemblée nationale et d’organiser des élections législatives anticipées, afin de permettre au président du conseil d’avoir une « légitimité » électorale en devenant député.

C’est dans ce contexte que Christian Trimua, un inconditionnel du pouvoir en place et plusieurs fois ministre, a publié il y a quelques jours un long papier sous le format d’un travail universitaire.

Par la méthode, les techniques et les formulations, le texte est construit comme s’il s’agissait d’une critique de la nouvelle Constitution. Cependant, quand on se souvient que l’auteur s’est battu bec et ongles pour que la nouvelle Constitution soit imposée aux Togolais sans leur avis, on comprend aisément qu’avec ce nouvel exercice, le ministre vient plutôt subrepticement à son secours. C’est subtil, c’est futé, et c’est désespéré.

Cette analyse comparée présentée comme un travail universitaire n’est rien d’autre qu’un acte politique banal, posé pour préparer le terrain aux prochaines manipulations constitutionnelles.

La réalité est que leur Constitution a créé un désordre institutionnel qui a des répercutions jusqu’à l’international. La nouvelle loi fondamentale est inapplicable et cela pose de gros problèmes à Faure Gnassingbé. Ce dernier est désormais considéré à l’international comme un président sans légitimité électorale, et ses homologues rigolent sous cape à le voir patauger dans sa politique intérieure. Or, la reconnaissance de son pouvoir par la Communauté internationale est sa seule source de « légitimité ».

Ce funeste projet a été dénoncé par le front « Touche Pas A Ma Constitution », la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) et Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP), lors d’une conférence de presse conjointe il y a quelques semaines.

Mais, le pouvoir est pris à la gorge, alors il insiste et poursuit sa démarche.

Pour y arriver, sans paraitre comme des amateurs qui se sont précipités à imposer une Constitution qu’ils veulent réviser au bout d’une seule année de pratique, ils mettent en place une stratégie à plusieurs niveaux.

D’abord, il y a déjà quelques mois le pouvoir a commencé par envoyer ses universitaires de service pour sensibiliser les Togolais par des publications diverses. Aujourd’hui c’est Christian Trimua qui a pris sa plume, hier c’étaient Dodzi Komla Kokoroko, Adama Mawulé Kpodar et Kossivi Hounaké, tous préparent l’opinion à cette retouche de la Constitution.

Ensuite, le pouvoir trouvera quelques acteurs politiques se présentant comme de l’opposition, et organisera un semblant de dialogue avec eux. Quelques partis semblent avoir déjà donné leur accord, mais la taille critique n’est pas atteinte, et la présence de certains semble indispensable pour crédibiliser l’opération. A l’issue de cela, les résultats de ce dialogue de complaisance vont préconiser une révision de la Constitution que le pouvoir va se précipiter à mettre en pratique.

Faure Gnassingbé va donc se prévaloir d’être celui qui est à l’écoute de son opposition, donnant ainsi un gage à la communauté internationale. On connait la suite : ceux de l’opposition qui auront participé à ce dialogue seront récompensés par des places au Parlement. Et le régime de Faure Gnassingbé aura ainsi rebondi, avec la satisfaction de la communauté internationale.

Mais la mayonnaise ne prendra pas, parce que les Togolais ont compris ce jeu malsain et ils sont vigilants.

Faure Gnassingbé a supprimé l’élection présidentielle, mais il a besoin des élections législatives. Or, depuis les dernières législatives du 29 avril 2024, les Togolais ne veulent plus entendre parler d’élection frauduleuse organisée par ce régime.

Actuellement, les Togolais ne sont motivés que par une seule chose : se battre pour mettre un terme à la dictature et entrer dans une phase de transition politique qui permettra de reconstruire les fondations de la République.

Nathaniel Olympio

One thought on “Tribune: Faure Gnassingbé va-t-il modifier sa nouvelle Constitution ?

  1. Finalement, l’opposition togolaise semble vouloir une seule chose ; renverser l’actuel PCM… Le jour où il y aurait un coup d’état au Togo, ce ne serait pas, en tous cas, au profit de l’opposition politique actuelle… Peine perdue à moins cela soit la haine d’un nom ou d’une personne.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *