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Togo- Tabaski 2026 : 300 000 francs pour un mouton, comment en est-on arrivé là ?

À quelques jours de la Tabaski, les prix du bétail ont littéralement explosé sur les marchés de Lomé. En cause : la suspension des exportations par le Niger et le Burkina Faso, principaux fournisseurs de la sous-région. (Source : Agridigitale.net)

Les marchés de bétail de la banlieue de Lomé affichent cette année des prix qui donnent le vertige. Un bon mouton se négocie désormais entre 150 000 et 300 000 francs CFA, contre 50 000 à 100 000 francs l’année dernière. Les bœufs, eux, frôlent le million. Une flambée brutale qui intervient à quelques jours de la Tabaski, fête qui mobilise chaque année des milliers de familles togolaises autour de l’achat du mouton rituel.

L’embargo qui grippe la filière

La principale explication est d’ordre géopolitique. Le Niger et le Burkina Faso, qui approvisionnent massivement les pays côtiers en bétail à l’approche des grandes fêtes religieuses, ont suspendu jusqu’à nouvel ordre toute exportation. Une décision qui prive brutalement le marché togolais d’un apport essentiel.

« La situation est très grave. On sait qu’au moment des fêtes, ce sont ces deux pays qui fournissent beaucoup de bétail, surtout les moutons, et aussi les bœufs à d’autres pays de la sous-région », déclare Alidou Alassani, président de la FENAPBVITO, cité par le confrère Agridigitale.net.

La crise sécuritaire aggrave le tableau

Au-delà de l’embargo, la dégradation du contexte sécuritaire au Sahel complique davantage la mobilité des troupeaux. Les convois d’animaux se heurtent à des contrôles renforcés aux checkpoints, y compris à l’intérieur du territoire togolais. « Le commerce ne devrait pas être freiné à ce niveau », déplorent les professionnels de la filière.

Des solutions d’urgence, mais pas durables

Dans l’immédiat, les commerçants se sont tournés vers le Bénin et le Nigeria pour compenser le déficit d’approvisionnement. La FENAPBVITO appelle parallèlement les autorités togolaises à investir davantage dans l’élevage local et à diversifier structurellement les sources d’approvisionnement.

La fête aura lieu. Mais cette crise met en lumière une dépendance structurelle que le Togo ne peut continuer d’ignorer.

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