Il y a des histoires qui réchauffent. Celle-là commence à Montréal, traverse l’Atlantique et atterrit à Kara et à Lomé, avec une raquette comme outil de développement.
Félix Auger-Aliassime, cinquième mondial et l’un des joueurs les plus élégants du circuit ATP, débute ce mardi Roland-Garros 2026 avec deux objectifs. Le premier : remporter enfin son premier Grand Chelem. Le second, moins visible depuis les tribunes de la Porte d’Auteuil, mais peut-être plus important à ses yeux : faire en sorte que chaque point gagné sur l’ocre parisienne se transforme en chance pour un enfant togolais.
Le mécanisme est simple et beau. À chaque point marqué en match, le Canadien, dont le père est originaire du Togo, s’engage à verser cinq dollars à son programme solidaire, les FAA Points For Change. BNP Paribas, partenaire de l’initiative, ajoute quinze dollars supplémentaires. Résultat : depuis le lancement du programme il y a cinq ans, plus de 500 000 dollars ont été collectés. Plus de 20 000 habitants de la région de Kara en ont bénéficié à travers le programme EduChange. Et depuis peu, des bourses universitaires sont attribuées à l’Université de Lomé.
Ce n’est pas du mécénat de vitrine. Auger-Aliassime fait le déplacement chaque hiver, va sur place, rencontre les enfants. Il mesure. Il voit. Et il revient sur les courts avec quelque chose que l’argent n’achète pas : une raison de se battre pour le point de trop.
« Parfois quand vous jouez au tennis, vous pouvez être fatigué », a-t-il confié à Olympics.com en marge du tournoi d’Hambourg la semaine dernière. « Mais j’ai cette motivation supplémentaire. Je ne joue pas que pour moi. »
