Au Togo, plus de 330 000 personnes sont exposées à un risque d’insécurité alimentaire aiguë au cours des trois prochains mois si elles ne reçoivent pas d’aide. Le chiffre, cité dans un rapport du Programme alimentaire mondial publié il y a quelques jours, est une projection du Cadre harmonisé (un outil régional permettant d’identifier les besoins alimentaires) élaborée en fin d’année dernière. Le trimestre de juin à août correspond à la période de soudure, au cours de laquelle les besoins d’assistance alimentaire ont tendance à augmenter. Ce sont les zones de l’extrême nord du pays qui concentrent le plus de besoins, aggravés par la situation sécuritaire.
La région des Savanes est la plus exposée, selon le rapport publié par le Programme alimentaire mondial. Cette zone, frontalière du Burkina Faso et confrontée à la menace terroriste, est toujours sous état d’urgence sécuritaire. Une situation qui peut parfois perturber l’accès aux marchés, dans les zones frontalières, et qui provoque des déplacements de populations.
Le PAM cite les chiffres de 50 000 réfugiés et plus de 10 000 déplacés internes dans le pays à la fin du mois d’avril.
Dans le nord du pays, la période de soudure a commencé le mois dernier. Les stocks alimentaires baissent rapidement, explique le document, et la présence des réfugiés et déplacés internes accentue la pression sur les ressources. Le Programme alimentaire mondial oriente donc ses opérations à la fois vers ces populations vulnérables et vers leurs communautés d’accueil.
Conditions climatiques difficiles
L’organisation rappelle par ailleurs les difficultés climatiques auxquelles le pays est confronté : des pluies irrégulières, parfois des inondations, et une dégradation des terres qui compliquent la production agricole.
Des facteurs qui s’ajoutent à des prix alimentaires encore élevés, selon le rapport du PAM, ce qui réduit l’accès à des aliments nutritifs dans les foyers les plus vulnérables.
Une étude, lancée l’an dernier avec le gouvernement togolais et rendue publique il y a un mois, conclut que 50% des familles ne peuvent pas s’offrir un régime nutritif.
Source: RFI/ Titre original- Togo: plus de 330 000 personnes pourraient être en insécurité alimentaire aiguë
