Alors que des rumeurs persistent sur une nouvelle révision constitutionnelle, le président du parti Santé du Peuple pose ses conditions et lance un avertissement à l’opposition.
Au Togo, la question constitutionnelle n’en finit pas de diviser. Alors que des spéculations persistent sur une éventuelle nouvelle révision du texte adopté en 2024, Dr Georges William-Kouessan, président du parti Santé du Peuple, hausse le ton. Sa position est sans ambiguïté : avant tout dialogue, le pouvoir doit remettre les compteurs à zéro.
Pour l’opposant, plusieurs signaux laissent penser que le régime envisage de modifier à nouveau la Constitution de la Ve République afin de conférer une légitimité populaire au Président du Conseil, fonction centrale du nouveau régime parlementaire instauré le 6 mai 2024. Une perspective qu’il rejette catégoriquement. « Toute démarche visant à aménager davantage ce texte ne ferait que renforcer la forfaiture du 6 mai 2024 », martèle-t-il.
Son parti réclame donc un retour pur et simple à la Constitution de 1992, adoptée à l’issue de la Conférence nationale souveraine et considérée par une partie de l’opposition comme la seule expression authentique de la volonté populaire. Pour Dr William-Kouessan, le régime parlementaire actuel concentre l’essentiel du pouvoir exécutif entre les mains d’une seule personnalité, ouvrant la voie à ce qu’il qualifie de « césarisme politique ».
S’il se dit favorable au dialogue, il fixe des conditions préalables strictes. Pas question de discuter sur la base de la Constitution en vigueur. Pas question non plus que le Cadre permanent de concertation serve d’enceinte aux négociations. Cette instance étant, selon lui, inféodée au pouvoir, seul un cadre consensuel, accepté par l’ensemble des forces politiques et sociales, serait à ses yeux crédibles.
Mais c’est à l’opposition elle-même qu’il adresse l’avertissement le plus direct. « Tous ceux qui se réclament de l’opposition mais qui participeront à cette mascarade constitutionnelle seront tenus responsables devant l’histoire », a-t-il déclaré. Une mise en garde qui vise clairement les partis tentés par une participation à toute concertation nationale organisée dans le cadre institutionnel actuel.
Dans un pays où la fracture entre pouvoir et opposition reste profonde, cette position risque d’alimenter davantage le débat politique.
