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Au Togo, ces villages côtiers ont trouvé une réponse inattendue au changement climatique

Producteurs et productrices engagés dans la restauration des écosystèmes côtiers au Togo, fiers des résultats obtenus grâce à des pratiques durables qui améliorent leurs revenus et renforcent la résilience de leurs communautés face aux effets du changement climatique. ©FAO/Kokou Dogbo

Face à l’avancée de la mer, à la dégradation des mangroves et aux effets du changement climatique, les communautés côtières togolaises se mobilisent. D’Aného à Tsévié, en passant par Agbodrafo, Goumoukopé, Lilicopé et Ayronkopé, des initiatives locales contribuent à restaurer les écosystèmes, transformer les moyens de production et renforcer la résilience des populations.

Cette dynamique est soutenue par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), avec l’appui du Fonds pour l’environnement mondial (GEF), à travers le projet « Renforcement de la résilience au changement climatique des communautés côtières du Togo » (R4C-Togo).

Dans ces zones exposées à l’érosion côtière, à la salinisation des terres et à la baisse des ressources halieutiques, le projet accompagne les populations dans la restauration des écosystèmes, le reboisement, l’aquaculture durable et le développement d’activités génératrices de revenus, notamment pour les femmes et les jeunes.

À Avépozo, le reboisement en cocotiers contribue à freiner l’érosion et à améliorer la productivité agricole.

« Avec les cocotiers plantés, nos terres sont mieux protégées et nos cultures deviennent plus productives. Nos revenus se sont améliorés », témoigne Akouvi Gahou, membre d’une association de femmes maraîchères.

À Aného, des coopératives féminines développent des systèmes d’élevage de crabes et d’huîtres dans des zones lagunaires restaurées.

« Nous sommes passés de pêcheurs individuels à éleveurs organisés. Cette activité est plus stable et rentable et soutient aussi la communauté », explique Ayénou Gombélé, bénéficiaire et membre de coopérative.

À Ayronkopé, les communautés restaurent les mangroves, essentielles à la biodiversité et à la protection des écosystèmes.

« Les produits de pêche sont aujourd’hui plus abondants et de meilleure qualité », souligne Kponkou Kanlé, actrice communautaire engagée dans la restauration environnementale.

À Lilicopé, les actions de restauration permettent également de stabiliser les berges et de relancer les activités agricoles.

« Nous constatons une amélioration de l’environnement et une meilleure résistance de nos habitations aux intempéries », témoigne Sokpa Adjo, bénéficiaire des actions du projet.

Le projet soutient aussi l’aquaculture à travers la construction d’une écloserie et le renforcement du centre de recherche halieutique de l’ITRA à Agbodrafo. « Notre capacité de production a été multipliée par quatre », indique Toï N’feidé, chercheur à l’ITRA et responsable de la station halieutique.

Par ailleurs, l’installation d’un transformateur électrique a permis d’améliorer l’alimentation énergétique du centre et des communautés environnantes, facilitant le fonctionnement des équipements de production. Selon le coordonnateur du projet, Ditorgue Bakabima, de l’Office de développement et d’exploitation des forêts (ODEF), le projet a généré des impacts significatifs. Il a contribué à l’intégration de l’adaptation au changement climatique dans les politiques locales de huit communes et au renforcement des capacités de plus de vingt-trois mille acteurs.

. Le projet a également soutenu l’aménagement de forêts classées, communautaires et sacrées, la restauration des mangroves, ainsi que la mise en place de plantations à vocation bois-énergie.

Une vingtaine de coopératives ont bénéficié d’équipements (motopompes, pompes solaires, broyeurs, systèmes d’irrigation) pour soutenir la production agricole, notamment en contre-saison. À Tabligbo, un magasin équipé d’un séchoir solaire appuie la transformation du moringa par une coopérative de femmes.

Pour la FAO, les résultats témoignent de l’impact concret du projet sur la résilience des communautés côtières.

« Les acquis seront capitalisés et mis à l’échelle à travers de nouveaux projets », souligne Oyetounde Djiwa, Assistant du Représentant de la FAO chargé du Programme.

À travers ses interventions, le projet R4C-Togo favorise la restauration des écosystèmes, la protection des ressources naturelles et le développement d’activités économiques durables. Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (GEF), il est mis en œuvre par la FAO en partenariat avec le Gouvernement togolais.

Source: FAO

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