À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’abus et le trafic illicite de drogues, célébrée chaque 26 juin, l’ONG togolaise Recherche Action Prévention Accompagnement des Addictions (RAPAA) a organisé une conférence de presse mercredi à Lomé, réunissant médias, acteurs institutionnels et partenaires engagés dans la lutte contre les addictions au Togo.
Longtemps perçue comme marginale, la consommation abusive de substances psychoactives s’impose désormais comme un enjeu de santé publique mondial. L’Afrique de l’Ouest, et le Togo en particulier, n’échappe pas à cette réalité qui touche surtout les jeunes, avec des conséquences sur la santé, les familles et la cohésion sociale. Depuis plus de dix ans, RAPAA s’efforce de limiter les nouveaux cas de consommation et d’accompagner les personnes touchées. Mais le constat reste préoccupant. « Nous faisons des efforts, mais nous ne sentons pas le phénomène se résorber (…) C’est comme si nous courions derrière quelque chose qui nous dépasse », résume la vice-présidente de RAPAA, Mme Kama-Djonna Akoura, qui appelle à adapter en permanence les stratégies de prévention.
Au Comité National Anti-Drogue (CNAD), la responsable de la prévention pointe un manque d’information sur les signaux d’alerte : « Beaucoup de personnes ne connaissent toujours pas les signes d’alerte précoces. Elles sollicitent de l’aide trop tard. » Elle appelle à une mobilisation plus large de la population.
Du côté du Programme National des Addictions aux Produits Psychoactifs (PNAPP), le Dr Bomboma Matièyédou se veut plus optimiste : « Aujourd’hui, nous constatons que de plus en plus de personnes viennent demander de l’aide. Cela montre que, malgré les défis, nos stratégies commencent à porter leurs fruits. »
Plusieurs obstacles persistent néanmoins : nouvelles substances, influence du numérique sur les comportements, vulnérabilité économique des jeunes, manque de coordination entre acteurs et données insuffisantes pour orienter les politiques publiques. Face à ces défis, RAPAA plaide pour davantage de recherche scientifique, des programmes de prévention centrés sur les compétences de vie, une implication accrue des communautés locales et un renforcement de la coordination entre santé, éducation, justice et protection sociale, le tout appuyé par des financements à la hauteur du phénomène.
L’ONG a également salué le rôle des médias dans la diffusion d’une information responsable et non stigmatisante. Un message clair : sans mobilisation concertée des institutions, des ONG, des communautés et des médias, la lutte contre les addictions restera hors de portée.
