À l’issue d’une visite dans plusieurs zones sinistrées du Grand Lomé et de la région Maritime, les élus de la DMP dénoncent l’abandon des victimes des récentes inondations, réclament une réponse d’urgence des autorités et pointent les insuffisances en matière d’assainissement et de gestion des eaux pluviales.
DMP
COMMUNIQUÉ DES ÉLUS DMP
Inondations des sinistrés abandonnés dans des conditions indignes et révoltantes
À la suite des pluies diluviennes qui ont endeuillé plusieurs familles dans le District autonome du Grand Lomé (DAGL) et dans des localités de la région Maritime, et après les communiqués de la Conférence des Présidents de la DMP, le Coordonnateur général de la DMP, la députée DMP à l’Assemblée nationale et les élus locaux DMP du DAGL ont effectué, le vendredi 3 juillet 2026, de 8 heures à 17 heures, une visite dans plusieurs zones sinistrées.
Les élus DMP se sont rendus dans les communes du Golfe 1, Golfe 3, Golfe 4, Golfe 6, Golfe 7 ainsi que dans la préfecture d’Agoè-Nyivé. Ils se sont transportés aussi sur le littoral afin d’observer les points de déversement des eaux vers l’océan.
Les constats sont accablants!
Dans les zones visitées, le canal qui relie le lac Quest, à Hanoukopé, au lac Est, à la station de pompage de Bè, et celui qui relie le lac de Bè au 4e lac, à Akodessewa, ne sont pas entretenus, réduisant de fait leur capacité à jouer le rôle de tampon entre les eaux qui viennent du plateau au Nord et la basse ville autour du boulevard.
Les ouvrages de drainage et de rétention des eaux pluviales sont inexistants, comme à Dévégo (Golfe 6), ou largement insuffisants. Là où ils existent, ils ne remplissent pas correctement leur róle. Les voies sont coupées ou impraticables, les eaux stagnent faute d’exutoires, les habitations sont envahies par les eaux, certaines étant méme totalement détruites, notamment à Avatamé (Golfe 7) et à Ahouinkpè (Agoè-Nyivé 2). Des citoyens passent leurs journées les pieds dans l’eau. Des familles, dont de nonbreux enfants, dorment dans des Gesions inondées. Des ménages ont perdu leurs biens, leurs fonds de commerce, notamrent leurs stocks de céréales, et leurs moyens de subsistance. Dans certaines zones, des poteaux dlectriques cassés et des fils au contact de l’eau exposent les populations à des risques d’électrocution, alors que les appels à la CEET sont restés sans séder à dout nuyaux de la TdE mis à nu risquent de céder à tout moment et d’aggraver la situation.
Cette situation est d’autant plus révoltante que l’assistance apportée aux populations demeure manifestement très en deçà de l’ampleur du drame. Aucune mesure suffisante ne semble prise pour sécuriser les quartiers inondés et désertés contre les vols. Des familles entières vivent dans une détresse insoutenable, sans visite d’autorités, sans appui réel et sans accompagnement digne. Les élus DMP ne comprennent pas que, face à une telle détresse, les secours, l’accompagnement social, les abris temporaires, les disposittís sanitaires et les mesures d’urgence ne soient pas à la hauteur des besoins. Les Togolaises et les Togolais ne demandent pas des priviléges : ils réclament le minimum de protection, de dignité et de considération auquel ils ont droit.
Les élus DMP présentent leurs condoléances aux familles endeuillées et expriment leur solidarité à toutes les personnes sinistrées dans le DAGL ainsi que dans les préfectures de Zio, Vo, Yoto, Bas-Mono et Lacs.
Ils appellent le gouvernement, les municipalités, la protection civile, les sapeurs-pompiers, la police, la gendarmerie, les services sanitaires et la CEET à agir diligemment pour renforcer les secours, accélérer le pompage des eaux, notamment en dotant en carburant la pompe de refoulement d’Awatamé, aménager des abris temporaires décents, fournir de l’eau potable, des vivres et des médicaments, et sécuriser les populations exposées. Les élus DMP demandent également au gouvernement de communiquer sans délai sur les mesures urgentes, humanitaires et concrètes prises pour venir en aide aux sinistrés.
Au-delà de l’urgence humanitaire, les élus DMP rappellent que ces inondations à répétition ne sont pas une fatalité. Elles résultent notamment d’un manque de volonté à mettre en œuvre, dans sa totalité, le schéma directeur d’assainissement.
Elles traduisent également un défaut d’anticipation, illustré notamment par l’absence ou le retard dans la réalsiation de travaux essentiels : le dragage du lac Ouest, dit Boka, y compris le remplacement des garde-fous situés à la jonction de la rue François-Mitterrand et de l’avenue de la Victoire ; la réduction da déficit d’ouvrages de drainage; l’entrétien préventif des caniveaux ouverts et des collecteurs enterrés ; une communication claire et régulière sur le projet RAINE; ainsi qu’une meilleure maitrise de l’urbanisation. Les élus DMP rappellent enfin la nécessité de viabiliser les lotissements, conformément à la loi, en y installant les infrastructures de drainage nécessaires avant toute occupation.
Les élus DMP, bien qu’en minorité à l’Assemblée nationale et dans les municipalités, entendent interpeller le gouvernement ainsi que les conseils municipaux auxquels ils appartiennent sur les actions à mener.
Les élus DMP, en concertation avec la Conférence des Présidents de la DMP et leurs partenaires, se réservent le droit d’appeler à une grande marche pacifique de solidarité à Lomé et dans les localités sinistrées afin de presser le gouvernement de fait d’accompagner les sinistrés de manière adéquate, urgente et transparente. Cette marche aura également pour objectif de rappeler que les inondations à répétition ne sont pas une fatalité et qu’il est impératif de repenser dès maintenant la politique d’urbanisation et d’assainissement de notre pays.
Ensemble, restons solidaires, vigilants et déterminés.
Fait à Lomé, le 4 juillet 2026
Les élus DMP
