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Quand les intellectuels fuient le débat, qui va éclairer les Togolais ?

Les intellectuels ne sont pas de simples détenteurs de diplômes ou de titres universitaires. Ils sont censés être des éclaireurs. Mais où sont les intellectuels de notre pays lorsque les grandes questions dérangent ?

Quand les intellectuels fuient le débat, qui va éclairer les Togolais ?

Par N’djo

Les intellectuels ne  sont pas de simples détenteurs de diplômes ou de titres universitaires. Ils sont censés être des éclaireurs. Leur rôle est d’observer les réalités, d’en faire une lecture lucide, de diagnostiquer les maux qui fragilisent la société et de proposer des pistes de solutions. Autrement dit, ils doivent aider la nation à penser son présent et préparer son avenir.

Mais où sont les intellectuels de notre pays lorsque les grandes questions dérangent ? Face aux difficultés économiques, aux tensions politiques, aux défis environnementaux, leur parole est presque totalement absente. Et lorsqu’elle se fait entendre, elle crée encore plus de problème, nourrissant davantage les polémiques que la réflexion. Les débats se résument à des mensonges, des querelles de personnes, des affrontements idéologiques ou des prises de position dictées par des appartenances politiques. Les idées passent alors au second plan et les interventions de ces gens deviennent si partisanes qu’elles perdent leur capacité à rassembler et à convaincre.

Nos intellectuels réfléchissent-ils réellement aux problèmes de la société ? On est en droit de se le demander. Une société ne progresse pas simplement parce qu’elle compte des diplômés. Elle avance lorsque ses élites intellectuelles acceptent d’assumer leur responsabilité morale qui consiste à éclairer les citoyens, interpeller les décideurs et proposer des alternatives crédibles. Leur mission n’est pas de défendre un camp à tout prix, mais de défendre des idées, des principes et l’intérêt général.

Lorsqu’ils désertent cet espace, un vide s’installe. Et comme tout vide, il finit toujours par être occupé. Aujourd’hui, le vide est occupé par les influenceurs et autres tiktokeurs qui ne sont pas forcément des têtes bien pensantes.

Au vu de cette situation, les décisions ont alors cessé d’être guidées par la réflexion et sont imposées par l’autorité et le rapport de force. À défaut d’une parole intellectuelle forte, capable de convaincre et d’influencer, ce sont ceux qui détiennent le pouvoir d’agir qui fixent arbitrairement les règles. Quand les intellectuels peinent à convaincre, il suffit parfois qu’un simple groupe de soldats retraités parle pour que tout le monde tremble.

Il faut s’interroger sur la place qu’occupe encore la pensée dans nos sociétés.
Bien sûr, il serait excessif d’accuser tous les intellectuels, puisque beaucoup produisent des recherches sérieuses, publient des travaux de qualité et contribuent discrètement à la réflexion nationale. Mais leurs analyses restent trop souvent confinées aux amphithéâtres, aux colloques ou aux revues spécialisées. Elles peinent à nourrir le débat citoyen et à influencer les politiques publiques, puisque leurs auteurs manquent du courage pour en parler publiquement.

C’est vrai que nous sommes dans un contexte où chaque prise de parole est rapidement étiquetée comme favorable ou hostile à un camp, mais est-ce une raison de préférer le silence? Le silence n’est jamais neutre. Lorsqu’il devient la règle, il laisse le champ libre aux discours simplistes, aux mensonges, aux passions, à l’appauvrissement de la pensée. Des intellectuels qui renoncent à nourrir le débat public privent la société d’un outil essentiel qu’est la force des idées.

L’inertie et toute l’embrouille constatées face au changement brusque de la constitution de notre pays illustrent très bien le vide dommageable qu’ont laissé nos intellectuels.

Source : Sikaajournal.com

One thought on “Quand les intellectuels fuient le débat, qui va éclairer les Togolais ?

  1. Les intellectuels n’auraient ils pas choisi leur parti/partie ? Admettons le. Pour qu’ils participent au débat contradictoire, l’autre parti/partie, l’opposition togolaise, ne devrait elle pas accepter un débat véritablement inclusive qui pourrait déboucher sur une structure qui tolérerait de nouvelles et jeunes leaders ?

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