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Togo- A Vogan, l’opposition réussit son pari de mobilisation contre la nouvelle Constitution

Ce dimanche 26 juillet, des centaines de manifestants ont convergé vers Vogan, ville d’une soixantaine de kilomètres au sud de Lomé où les grands rassemblements politiques restent rares. À l’appel du Cadre national de concertation pour le changement (CNCC), la foule est venue dénoncer, une nouvelle fois, la Constitution adoptée en 2024. Un pari réussi pour la coalition d’opposition et de société civile.

Sur le terrain de la Préfecture, on notait la présence de Me Dodji Apévon, d’Eric Dupuy, du Prof Aimé Gogué de l’ADDI, ainsi que du Prof David Dosseh. Le leader de l’Alliance nationale pour le Changement (ANC), Jean-Pierre Fabre, n’était en revanche pas présent, même si la couleur orange de son parti restait dominante dans une assistance qui a vécu la journée dans un climat bon enfant.

Deux ans après son adoption, le texte continue de cristalliser les tensions. En instaurant un régime parlementaire et en supprimant l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct, la réforme a ouvert la voie à un maintien de Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, désormais président du Conseil. L’opposition y voit un moyen de se maintenir indéfiniment au pouvoir ; le camp présidentiel défend une réforme censée assurer plus de représentativité. Les manifestations de 2025 contre ce texte avaient fait sept morts selon la société civile, cinq selon le parquet, qui évoquait des noyades.

Pour le Prof David Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo Debout (FCTD), ce meeting constitue une première étape de mobilisation après Lomé, destinée à faire comprendre au peuple le caractère « illégal » du changement constitutionnel. « Si on se réfère à l’arrêt de la Cour de justice de la Cédéao, il est clair que le Togo, avec ce changement de constitution, a violé l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Et cela appelle à des sanctions », a-t-il expliqué à la presse, appelant la population à se dresser « comme un seul homme ». D’autres localités seront visitées après Vogan, a-t-il ajouté, afin de construire une pression populaire suffisante : « Il faut que les populations soient suffisamment conscientes de la situation pour arriver à un niveau de mobilisation comme celles de 2017 et 2018, 2012. »

Même son de cloche du côté de Me Dodji Apévon, pour qui ce meeting a surtout permis de transmettre un message de réveil citoyen face à ce qu’il qualifie de dictature. « Nous avons surtout, après l’arrêt de la Cour de la Cedeao, venus dire, confirmer à la population que ceux qui nous gouvernent aujourd’hui sont illégitimes. […] La Cedeao a fait ce qu’elle pouvait faire, mais c’est à nous de compléter cette grande opportunité », a-t-il expliqué.

À l’issue du meeting, les leaders du CNCC ont indiqué réfléchir à la prochaine étape, sans en dévoiler le lieu ni la date. « Nous sommes à Vogan aujourd’hui, demain, on serait ailleurs », a résumé Me Apévon.

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