Lomé accueille, du 13 au 15 août 2026, les premières « Rencontres de la pratique orthophonique » au Togo. Placée sous le thème « 20 ans de pratique orthophonique au Togo : état des lieux et défis », cette rencontre réunit des professionnels venus du Togo et de plusieurs pays africains autour des avancées et des enjeux de la profession.
À l’ouverture des travaux, jeudi 13 août, le Secrétaire général du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la couverture sanitaire universelle et des assurances, Dr Kokou Marin Wotobé, représentant le ministre, a salué une rencontre qui intervient après près de vingt ans de pratique orthophonique au Togo.


Pour lui, cette discipline occupe une place importante dans la santé et l’inclusion. Les troubles du langage, de la communication, de la parole, de la voix ou de la déglutition peuvent en effet affecter la scolarité, l’insertion sociale et professionnelle ou encore l’autonomie des personnes. « L’orthophonie ne saurait être regardée comme une pratique périphérique », a-t-il souligné, appelant notamment à améliorer son accessibilité, à renforcer les compétences et à favoriser la collaboration entre professionnels de santé, enseignants et familles. Un constat que partage Fayçal Hamzah, président de l’Association des professionnels orthophonistes du Togo (ASPOT).
Pour lui, ces rencontres constituent à la fois un moment de bilan et une occasion de réfléchir à l’avenir de la profession. « C’était une profession qui, à la base, n’était pas du tout connue. Mais aujourd’hui, grâce à nos actions de sensibilisation et de plaidoyer, elle est de plus en plus connue », explique-t-il.
Des progrès qui se traduisent notamment par une meilleure prise en charge des enfants présentant des troubles du langage ou des difficultés d’apprentissage, ainsi que des adultes confrontés à des troubles du langage ou de la déglutition après un accident vasculaire cérébral. Mais le chemin reste encore long.
L’ASPOT plaide pour une meilleure reconnaissance de la profession et surtout pour une adaptation des outils et pratiques aux réalités socioculturelles et linguistiques du Togo. « Nous travaillons sur le langage et nous avons nos différences interculturelles qui impactent notre travail. Il faut donc avoir du matériel adapté à nos réalités », souligne Fayçal Hamzah.
L’association souhaite également faire évoluer la formation, actuellement organisée sur trois années, vers le grade de master et permettre davantage de possibilités de spécialisation.
Durant trois jours, les participants venus notamment du Bénin, du Cameroun, du Gabon, de la Côte d’Ivoire et du Mali échangent sur leurs pratiques. Autisme, troubles du langage, apprentissages scolaires, aphasie, pathologies neurologiques et troubles de la voix figurent notamment au programme.
Pour le représentant du ministère de la Santé, ces premières rencontres doivent surtout ouvrir « une nouvelle ambition pour l’orthophonie au Togo », fondée sur la professionnalisation, la qualité, l’accessibilité et la reconnaissance de la discipline.

