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Détenus au Togo, les journalistes Sébastien Pérez-Pezzani et Gaël Mocaër au cœur d’un bras de fer entre Lomé et Paris

Sébastien Pérez-Pezzani et Gaël Mocaër ont été arrêtés dans le nord du Togo. Ils seraient au centre d’un bras de fer diplomatique, Lomé espérant ainsi faire plier Paris.

Deux journalistes français sont détenus depuis le 27 juillet par les autorités du Togo, a confirmé mardi soir le ministère des Affaires étrangères. « Ils font l’objet d’une information judiciaire conduite par un juge d’instruction », a signifié le Quai d’Orsay à l’AFP, ajoutant qu’ils ont déjà reçu trois visites consulaires.

Les deux hommes, interpellés alors qu’ils tournaient dans le nord du pays, ont été identifiés par une journaliste franco-togolaise travaillant pour France 24 et TV5 Monde, Emmanuelle Sodji. D’après elle, Gaël Mocaër et Sébastien Perez-Pezzani y réalisaient au nom de la société de production Tony Comiti le tournage d’un épisode de l’émission « Les Routes de l’impossible » pour le compte de France Télévisions.

Une affaire de visa au cœur du dossier

Selon les informations relayées par certains médias proches du pouvoir, le dossier de Gaël Mocaër et Sébastien Perez Pezzani, détenus depuis fin juillet, serait lié à une irrégularité de visa. Lomé reproche essentiellement aux deux journalistes français d’être entrés au Togo avec un visa touristique alors qu’ils y exerçaient une activité journalistique, sans avoir engagé au préalable les démarches d’accréditation requises auprès des autorités compétentes.

Une monnaie d’échange pour livrer un journaliste d’investigation

Les autorités justifieraient leur arrestation par l’absence de visa spécial pour le nord du Togo, zone placée sous état d’urgence sécuritaire en raison de menaces djihadistes. Le Quai d’Orsay assure être « pleinement mobilisé », à Paris et à Lomé, sur le sort des deux journalistes, « pour s’assurer de leurs conditions de détention, de leur état de santé et du respect de leurs droits à la défense ».

Pour l’heure, ni France Télévisions ni la société de production Tony Comiti n’ont communiqué sur la situation. Lomé non plus. Mais le journal « L’Alternative » prête au président Faure Gnassingbé l’intention d’échanger les deux Français contre Ferdinand Ayité, un journaliste togolais en exil en France depuis trois ans. Le président serait « de plus en plus agacé par les activités du journaliste d’investigation (…) Pas question de libérer les deux ressortissants français tant (qu’il) n’est pas livré par le gouvernement français au régime de Lomé. »

Un article de « Jeune Afrique » publié le 16 août mentionne plusieurs voyages à Paris du ministre de la Justice du Togo, Pacôme Adjourouvi, pour évoquer « la présence sur le territoire français d’exilés politiques », notamment le cas Ayité.

Ces dernières années, les relations entre les autorités du pays et les médias français se sont dégradés, au point qu’en juin 2025, Radio France internationale et France 24, accusées de relayer des « propos inexacts et tendancieux », ont été interdites d’antenne pour trois mois.

IciLome avec humanite.fr

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