À Lomé, la pompe à essence est redevenue, en l’espace de quelques mois, un sujet de crispation sociale majeure. Le 11 septembre 2026, le gouvernement togolais a acté, par arrêté interministériel, une nouvelle hausse des prix des produits pétroliers de 12,70 %. Une décision qui intervient seulement 107 jours après la précédente augmentation, ravivant l’inquiétude d’une population déjà éprouvée par la cherté de la vie.
Face à cette annonce, l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué publié le jour même, l’organisation « déplore vivement » cette mesure, qu’elle juge lourde de conséquences pour des ménages « déjà confrontés à une cherté persistante de la vie ».
L’argument de l’ATC est bien connu des économistes : au Togo comme ailleurs, une hausse du prix des carburants ne reste jamais cantonnée au secteur des hydrocarbures. Elle se propage, par un effet domino redouté, aux coûts du transport, des denrées alimentaires et des services, entraînant une inflation généralisée qui frappe en priorité les foyers les plus modestes.
Le calendrier de cette décision aggrave, selon l’association, son impact social. La mesure tombe en effet en pleine rentrée scolaire, période où les familles togolaises font déjà face à des dépenses conséquentes ( frais de scolarité, uniformes, fournitures) dans un climat économique tendu.
Au-delà du fond, l’ATC critique aussi la forme. L’organisation regrette qu’une décision d’une telle portée n’ait pas été précédée d’une concertation avec les acteurs concernés, à commencer par les associations de consommateurs elles-mêmes. Une méthode qu’elle juge incompatible avec l’ampleur des répercussions attendues sur le pouvoir d’achat des ménages.
Dans son communiqué, l’ATC va plus loin qu’une simple protestation : elle appelle les autorités à revenir sur leur décision, à privilégier le dialogue avec les parties prenantes, et à mettre en place, sans délai, des mesures d’accompagnement pour limiter les effets inflationnistes de cette nouvelle hausse sur les consommateurs les plus vulnérables.
Reste à savoir si le gouvernement togolais, confronté par ailleurs à un climat politique et social sous tension, se montrera réceptif à cet appel. Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a suivi la publication du communiqué de l’ATC, qui entend visiblement faire de ce dossier un test de la capacité du pouvoir à dialoguer avec la société civile sur les questions touchant directement au quotidien des Togolais.

