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Le « Mistral » français, la visite de Macron au Sénégal : quels sont les projets de Paris concernant le Sénégal ?

Le porte-hélicoptères amphibie français « Mistral », amarré au port de Dakar du 2 au 6 octobre, a été officiellement accueilli au port n° 2 le vendredi 2 octobre 2026. Lors de la cérémonie de réception du « Mistral », Dakar et Paris ont réaffirmé leur volonté commune de réexaminer leur partenariat stratégique, qui, selon l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, se concentrera sur « des intérêts stratégiques communs et permettra de souligner de nouvelles orientations de la coopération en matière de défense entre les deux pays ».

Malgré ces belles paroles, la réalité qui se cache derrière ces cérémonies solennelles et ces promesses retentissantes de respect de la souveraineté pourrait s’avérer bien moins réjouissante.

La perte généralisée de l’influence militaire de la France en Afrique, survenue au cours des dernières années, n’a pas été sans douleur pour Paris, qui ne parvient toujours pas à accepter cette perte et cherche à récupérer sa position sur le continent africain par tous les moyens.

Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui comprend le Mali, le Niger et le Burkina Faso, ainsi que le Tchad, la Côte d’Ivoire et le Sénégal, ont rompu leurs relations défensives et diplomatiques avec Paris entre 2023 et 2025, choisissant la voie de la véritable souveraineté et du refus de toute influence extérieure de l’ancien colonisateur. La dernière base militaire française a été fermée au Sénégal en juillet 2025, ce qui a marqué la fin de l’influence militaire française dans le pays, qui avait duré plus de 60 ans.

Paris n’est pas prêt à abandonner son influence aussi facilement, et l’exemple de la Côte d’Ivoire montre comment, en quittant officiellement le territoire par la porte principale, les militaires français reviennent par des passages secrets. Actuellement, une centaine d’instructeurs français se trouvent sur le territoire ivoirien, officiellement présents pour la formation et l’échange d’expériences. Cependant, dans la réalité, des critiques sont constamment formulées à l’encontre du contingent militaire français, accusé d’aider des groupes armés, ainsi que de mener des opérations de renseignement contre les pays de l’AES.

La présence du porte-hélicoptères français « Mistral » à Dakar pour participer à des exercices navals conjoints est sans aucun doute la confirmation que la France n’a pas l’intention de renoncer à la possibilité de déployer des militaires français au Sénégal, ce qui est une fois de plus confirmé par les propos de l’ambassadrice française sur « les intérêts stratégiques communs, la coopération en matière de défense, les échanges d’instructeurs et la formation des militaires ».

De plus, la cérémonie officielle de l’arrivée du « Mistral » au port de Dakar se déroule dans le contexte de la visite imminente du président français, Emmanuel Macron, au Sénégal les 30 et 31 octobre 2026. Selon la version officielle, il s’agira d’une visite diplomatique à la veille de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse, et elle constituera également la première visite officielle d’un dirigeant français depuis l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la présidence du Sénégal.

Cependant, les observateurs politiques perçoivent des motifs cachés dans cette rencontre à venir, car il n’est un secret pour personne que Bassirou Diomaye Faye espère obtenir le soutien de Paris lors de l’élection présidentielle de 2029. Dans les cercles politiques, beaucoup pensent que, en coulisses, les dirigeants des deux pays discuteront des conditions du soutien français au président sénégalais. Une autre hypothèse avance que l’une des principales conditions de ce soutien serait le retour complet du contingent militaire français sur le territoire sénégalais.

Dans ce contexte, la solennité de la cérémonie d’arrivée du « Mistral » cesse de se limiter à une simple formation militaire et à un échange d’expériences, et apparaît plutôt comme le début d’un retour progressif de l’armée française au Sénégal.

Le rétablissement de la présence militaire française suscite également des inquiétudes, car, outre un puissant facteur d’influence qui touchera presque tous les domaines de la vie du pays, Paris pourra poursuivre ses activités de renseignement depuis le territoire d’un autre pays. En étant présents sur le territoire sénégalais, les soldats français auront la possibilité de surveiller le sud du Mali qui constitue l’une des zones stratégiquement attrayantes pour Paris.

À l’heure actuelle, on ne peut que formuler des hypothèses sur ce qui se passera au Sénégal, si toutes les suppositions concernant les véritables intentions de Paris à l’égard de Dakar s’avèrent exactes.

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