Togo-Pass vaccinal obligatoire dans les marchés, taxe d’habitation, vie chère, arrestation et détention des militants de l’opposition… : Habia et Ouro-Djikpa mettent en garde le régime

En conférence de presse ce mardi 1er février 2022, le binôme Nicodème Habia et Ouro-Djikpa Tchatikpi ont encore haussé le ton pour dénoncer l’arbitraire érigé en mode de gouvernance au Togo. Ces deux acteurs de la vie sociopolitique togolaise condamnent la dernière interpellation des militants du PNP. Ils désapprouvent également les dernières décisions du gouvernement relatives à l’imposition du pass vaccinal à l’entrée des marchés et au paiement de la taxe d’habitation. « Toute dictature au monde, quelle qu’elle soit, est toujours porteuse des ingrédients de sa propre destruction », préviennent-ils. Habia et Ouro-Djikpa invitent par ailleurs l’opposition à une union sincère pour conclure la lutte. Lecture.

DECLARATION LIMINAIRE

L’atmosphère très préoccupante de la sous-région ouest africaine sous-tendue par la recrudescence de coups d’État militaires, trois(3) coups d’État en huit (8) mois notamment au Mali, en Guinée et au Burkina-Faso est une conséquence de la mal gouvernance dans la plupart des pays d’Afrique en général et de la sous-région en particulier.

Cette situation sociopolitique qui ne laisse personne indifférent couplée de celle qui prévaut dans notre pays le Togo de façon crescendo nous oblige d’intervenir coup sur coup en organisant la seconde conférence de presse en l’espace de deux semaines, ne serait-ce que pour donner notre position par rapport à cette brûlante situation de la sous-région et continuer de jouer le rôle qui est le nôtre en tant qu’acteurs de la vie sociopolitique togolaise pour une lutte citoyenne.

I/ En termes de la recrudescence des coups d’État dans la sous-région, des enseignements à tirer sont innombrables et diversifiés à savoir :

1. l’on pourrait affirmer que nous sommes en plein pied dans le printemps ouest-afrcain ;

2. la cause de ce printemps réside dans ce qui caractérise les États en Afrique. L’Afrique n’a pas besoin des États Jacobins, l’État nation fiction. En Afrique, l’on n’a pas besoin des hommes forts, on a plutôt besoin au-delà des institutions fortes, des communautés fortes vivant en harmonie et en intelligence les unes envers les autres.

3. Pour ce faire, en lieu et place des d’États Jacobins tels que nous les vivons en Afrique depuis les indépendances de façade, il faut y restaurer les peuplements premiers d’Afrique, c’est-à-dire la renaissance des Communautés Identitaires à même de prendre leur destin en mains sur leurs terroirs ancestraux. Et ce, dans le cadre d’un nouveau contrat social consensuel.

Ainsi dit, il va falloir à tous les niveaux en Afrique tenir des Assises Nationales pour préparer les Transitions Politiques et Démocratiques.

Pour ne pas s’attarder sur les renseignements inhérents à ce qui convient d’appeler le printemps ouest-africain, nous fermons cette page en disant ceci : tant que pour une population mosaïque, nous serons dans le schéma jacobin, centralisé et unipolaire comme Etat, nous ne verrons toujours que des militaires débarqués périodiquement pour s’emparer des pouvoirs cosmétiques et formatés par l’Occident.

II/ s’agissant de la situation d’actualité de notre pays, nous disons qu’il y’a de cela 14 jours, jour pour jour, nous adressâmes un courrier au Chef de l’État, M. Faure Essozimna Gnassingbé, courrier dans lequel nous exigeâmes la libération sans conditions ni délai et pour cause des détenus politiques et d’opinion !

La même soirée de ladite conférence, les détenus Abdoul Aziz Goma et ses compatriotes impliqués dans le même dossier ont été transférés de l’ancienne gendarmerie à la prison civile de Lomé.

Nous, Acteurs de la Vie Sociopolitique Togolaise osons croire que nous n’avons pas été compris par M. Faure et son gouvernement dans la mesure où nous n’avons jamais exigé un soulagement dans la détention des détenus encore moins de leur transfert d’un endroit A vers un endroit B.

Nous n’avons pas exigé que la libération de deux (2) détenus notamment de MM. Adadé Henri et Anoumou Charles, nous avons exigé la libération sans conditions ni délai de tous les détenus politiques et d’opinion.

Pendant que nous alertons les tenants du pouvoir sur l’extrême tension qui couve au sein de la population et qu’il faille, la relaxe et l’apaisement dans la gestion de la chose publique, c’est maintenant que ceux-ci trouvent les moyens pour corser les mesures déjà contraignantes, faisant en sorte que l’écrasante majorité de la population tirent de plus en plus le diable par la queue.

Il s’agit de :

1. La énième arrestation des membres du PNP dont MM. Sibabi Geffe Nouridine et Alfa Ibrahim, un résident de la République Fédérale d’Allemagne, pas plus tard que le jeudi 27 janvier 2022 puis conduits à une destination, pour le moment, inconnue. Les acteurs de la vie sociopolitique togolaise pour une lutte citoyenne regrettent et condamnent cette attitude du régime qui consiste à faire semblant de libérer deux (02) personnes en arrêtant d’autres en lieu et place. Ils exigent leur libération sans conditions ni délai auquel cas, le peuple doit assumer sa responsabilité devant l’histoire.

2. La taxe d’habitation

Dans un article publié dans les médias nationaux dont Togoactualité en date du 19 janvier 2022, la taxe d’habitation sera collectée à travers la Compagnie d’Énergie Électrique du Togo (CEET).

L’information a été dévoilée le 18 janvier 2022 lors d’une conférence de presse organisée par les responsables de l’OTR.

Ladite taxe sera payée selon le type d’habitation et suivant le montant excessif qui ne tient pas en compte le pouvoir d’achat du togolais lambda quand on sait que le SMIG au Togo qui est à trente cinq mille Francs (35.000 F) est le plus bas de la sous région.

3. Le pass vaccinal au niveau des marchés de grand Lomé et si la mayonnaise prenait, sur toute l’étendue du territoire national. La décision est prise, l’accès aux marchés sera conditionné, bientôt, par la présentation d’un pass vaccinal ou d’un test PCR datant de moins de 72 heures.

C’est ce qui ressort d’une rencontre tenue le mardi 18 janvier 2022 à Lomé organisée par M. Boukpessi Payadowa, Ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et du Développement des Territoires.

Cette décision, si elle venait d’être mise en exécution, elle créerait un désordre accru aux conséquences incalculables. Les tenants du pouvoir en place doivent savoir qu’on ne peut jamais se prévaloir de sa propre turpitude ! Tous les prétextes, toutes les stratégies malencontreuses et les subterfuges ne suffiront pour continuer à maintenir tout un peuple dans l’asservissement et dans la servitude d’une dictature françafricaine d’autant plus que toute dictature au monde, quelle qu’elle soit, est toujours porteuse des ingrédients de sa propre destruction.

En tout état de cause, nous acteurs de la vie sociopolitique togolaise pour une lutte citoyenne, invitons les peuples, togolais, ouest-africain et de l’Afrique toute entière à l’unisson. C’est dans l’union franche et sincère que nous saurons refonder sur les bases saines un Togo et une Afrique libres et démocratiques.

Soutien et respect aux peuples Togolais, du Mali, de la Guinée, du Burkina- Faso, du Niger et le reste des pays d’Afrique sans oublier leurs diasporas respectives.

Fait à Lomé, le 1er février 2022

Pour les Acteurs de la vie sociopolitique togolaise,

Nicodème Ayao HABIA

Tchatikpi OURO-DJIKPA

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