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Monday, August 8, 2022
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Terrorisme au Togo : Peut-on craindre l’enrôlement de nouveaux combattants ?

Ceci est une tribune du journaliste togolo-burkinabè Edouard Kamboissoa Samboe, ancien collaborateur du journal burkinabè en ligne lefaso.net, travaillant aujourd’hui chez La Croix Africa. Lecture !

Trois incursions terroristes en terre togolaise. Huit morts, tous des militaires et des blessés. Un engin explosif qui a endommagé un véhicule de l’armée. Des traumatismes auprès des populations civiles, soit de Kpekpakandi ou de Gouloungoussi. Puis un silence, depuis la dernière attaque. Quels en sont les non-dits alors que le Burkina Faso, le Niger et le Mali sont acculés par des attaques violentes et meurtrières ?

Il ne fait d’aucun doute que les frontières nord du Togo sont lorgnées par les barbus violents en kalachnikov. Avec l’expérience des pays sahéliens, on sait que lorsqu’ils passent, ils sèment la mort et les déplacements massifs de civils. Certains d’entre eux, sont très mobiles, écumant les territoires soit en cherchant à s’implanter, soit en cherchant à recruter. Avec le récent événement au Togo, devons-nous craindre l’enrôlement des jeunes de cette zone ?

Le gouvernement togolais semble l’avoir compris, en décrétant l’État d’urgence sécuritaire dans la région des savanes, au nord du pays, frontière avec le Burkina Faso. Avec ce décret, l’autorité militaire est investie des pouvoirs de police, y compris les pouvoirs de contrôles, de perquisition et d’arrestation des individus suspects, à des fins sécuritaires.

Aussi le budget militaire avait été revu à la hausse, passant de 58 milliards FCFA début 2021 à 110 milliards FCFA vers la fin de la même année, et pourrait connaître une hausse courant 2022.

Avec l’arrivée du président Turc Edogan au Togo en fin octobre 2021, la question d’acquisition des drones militaires, était sur la table des discussions. Ce qui présageait une forme d’anticipation sur les mêmes menaces sécuritaires. Sans compter les multiples recrutements militaires et policières qui sont en cours au Togo. Ces recrues viendraient booster les rangs de plus de 9000 militaires déjà actifs de l’armée togolaise. Au niveau social, on parle d’un programme d’urgence lancé avec des investissements en faveur du développement notamment en eau, électricité, éducation, santé, agriculture, pêche dans la région des savanes, qui était jusque-là, une région très pauvre, soit la région la plus pauvre du Togo.

S’agissant de l’implantation sur le territoire togolais, avec l’ouverture d’une base, les pronostics sont maigres. Certes, les activités de ces terroristes dans plusieurs pays montrent qu’ils n’hésitent pas à s’implanter lorsqu’ils gagnent du terrain.

Mais, le Togo semble improbable, lorsqu’on regarde le verrou burkinabè. Entre le Burkina Faso et le Togo, il n’y pas de territoire inhabité, mais plutôt des villes dans lesquelles foisonnent des activités économiques. On peut présager des incursions ponctuelles et des replis desdits groupes, comme c’est déjà le cas. Mais, créer un camp entre les deux frontières, ce sera rapidement identifié et détruit par les forces conjointes du Togo et du Burkina.

Par observation, le pays (Togo) en forme rectangulaire d’une superficie de 56.600 km2 peut-être maîtrisable par les FAT (Forces armées togolaises), soit plus de 9000 soldats actifs. Avec sa population estimée à plus de 8 millions d’habitants, le pays se retrouve occupé quasiment, et habité pratiquement dans presque toutes les régions, y compris la région des savanes ciblée par les groupes armées affiliées au GNIM ou GSIM (groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans). Celui-la même qui avait revendiqué l’attaque de Kpekpakandi.

Mais la question d’enrôlement de nouveaux combattants peut faire l’objet de discussion. A la lumière du Burkina Faso, du Mali et du Niger qui ont reconnu la présence des fils de leurs pays dans les rangs des groupes armés terroristes, il convient de comprendre qu’aucun pays n’a de réponse magique à cette situation. On retrouve parmi les leaders djihadistes et terroristes, les algériens, les mauritaniens, les nigérians, et plusieurs natifs du Burkina, du Mali ou du Niger commandent des katiba. D’où la complexité de maîtriser les canaux d’enrôlement de ces groupes armés actifs sur nos territoires, à l’aune des défis économiques dont sont victimes les jeunes. Mais aussi dans la mesure où, ces hommes que nous combattons sont souvent proches de nos nous et savent souvent ce que veulent nos jeunes, souvent dépourvus du pain quotidien.

Cependant, on peut agir sur les facteurs favorisants ce recrutement, notamment l’extrême pauvreté, les injustices sociales, le manque de perspectives professionnelles pour les jeunes. Les contrôles des contrebandes et la sécurité au niveau des frontière et les échanges des informations. Mais surtout, travailler à gagner la confiance de la population, à travers une forme d’amour entre les forces de défenses et de sécurité du Togo et les populations des zones ciblées pour accroître le renseignement.

Edouard Kamboisso Samboé

Observateur des groupes armés extrémistes au nord du Togo

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