Togo – Francis Pédro AMUZUN : “Le gouvernement instaure l’apartheid”

Togo : Le GOUVERNEMENT INSTAURE L’APARTHEID

Au Togo, depuis un certain temps, le gouvernement tente par des lois scélérates d’instaurer la différence entre les citoyens. Il y en a, à qui, tout est permis et d’autres, la grande majorité, considérée comme des citoyens de seconde zone, qui n’ont de droit que ce que les autorités de faits veulent bien leur accorder.

Les faits sont si parlants .

Pour ceux qui ont eu le courage de suivre la télévision nationale (TVT), lundi 4 juillet 2022 dans son édition de 20h, ramenée à 19 h, à cause de la CAN féminine au Maroc, ils ont pu voir une marche de soutien au chef de l’Etat, organisée par les femmes du RPT/UNIR d’Aflao Sagbado et Gakli. Cette marche s’est déroulée sur la voie nouvellement construite dénommée la voie de Ségbé.  24 h seulement avant cette marche de soutien encadrée par les forces de sécurité, le préfet d’Agoè-Nyivé interdisait un meeting de l’ANC qui devait se tenir le dimanche 3 juillet 2022 en face de l’église presbytérienne d’Agoè. Du deux poids, deux mesures sur un même territoire lorsqu’on est du côté du pouvoir ou considéré comme étant de l’opposition.

Il est à noter que la nouvelle loi sur les manifestations en République Togolaise interdit les manifestations sur les rues bitumées mais, comme c’est le RPT/UNIR qui manifeste à Sagbado et à Gakli, tout est permis, les citoyens d’UNIR sont plus citoyens que les autres Togolais puisque ni le ministre de l’Administration territoriale, ni celui de la Sécurité et de la protection civile ne se sont pas fendus en communiqués pour interdire cette marche qui viole la loi précitée sur les manifestations publiques aux motifs de terrorisme violent, d’insécurité dans la sous-région et d’informations de dernière minute, toutes raisons invoquées pour interdire le meeting de l’ANC et des manifestations prévues par d’autres formations politiques. Ça, c’est le constat fait ce lundi 4 juillet 2022.

Le samedi 2 juillet 2022, le sieur Dodji KOKODOKO ministre de son état et coordinateur de UNIR dans le Kloto y menait aussi une manifestation publique sans aucune interdiction. C’est à dire que le RPT/UNIR se permet tout.

Le jeudi 30 juin 2022, ceux qui se disent les représentants du peuple à l’Assemblée nationale ont procédé à l’adoption de deux lois scélérates qui modifient de fond en comble la loi sur la décentralisation. Au terme de ce vote irresponsable, la loi, si elle est promulguée, mettra la distinction entre les Conseils municipaux du grand Lomé (Golfe et Agoè-nyivé) et les autres Conseils municipaux du pays. Nous sommes là devant deux lois sur le même sujet dans le même pays. Une qui est destinée à une catégorie de maires et une autre à une autre catégorie de maires comme ce fut le cas pendant l’apartheid en Afrique du Sud.

Jugez en par vous-même :

il est dit dans la loi votée le 30 juin dernier que les maires du Grand Lomé n’ont plus la compétence d’adressage des rues dans leurs ressorts territoriaux alors que cette compétence est accordée aux autres maires élus au même titre que leurs collègues du grand Lomé. Cet état de choses est de la pure discrimination interdite par la Constitution Togolaise qui dispose que les lois de la République doivent être impersonnelles et ne doivent en aucun cas, être dirigées contre quiconque. Cette même Constitution dispose en ce qui concerne la décentralisation en son article 141 que : La République Togolaise est organisée en collectivités territoriales sur la base du principe de Décentralisation, dans le respect de l’unité nationale. Ces collectivités territoriales sont : les communes et les régions. Toute autre collectivité territoriale est créée par la loi. Les collectivités territoriales s’administrent librement par des conseils élus au suffrage Universel, dans les conditions prévues par la loi »’*

Le district autonome du grand Lomé (DAGL), n’étant pas une collectivité territoriale de par sa composition, viole cet article 141 de la Constitution.

L’autre aberration introduite dans la loi votée le 30 juin 2022 est l’obligation faite aux maires et présidents régionaux de demander l’autorisation au ministre de l’administration territoriale, sous peine de révocation avant toute sortie du pays même si cela concerne la vie privée de ceux-ci, violant ainsi, l’article 22 de la Constitution qui dispose en son avant dernier alinéa qu’ Aucun Togolais ne peut être privé du droit d’entrer au Togo ou d’en sortir.

Bien évidemment, les modifications, tous azimuts, de la loi sur la décentralisation, la sixième du genre en trois ans seulement de mandat des conseils municipaux actuels, créent de l’insécurité juridique qui ne favorise pas le bon fonctionnement des communes. Elles traduisent la volonté manifeste du régime bientôt soixante ans de pouvoir de toujours concentrer tous les pouvoir d’Etat entre ses mains, ce qui vise par ricochet, le refus de l’alternance et de l’État de droit au Togo.

Toutes ces entorses à la Constitution, les lois iniques que le gouvernement fait  prendre à l’Assemblée nationale et la discrimination et la différenciation entre les Togolais que le régime des Gnassingbé instaure, sont sans ambages des relents de la politique de l’apartheid qui naguère a été combattu par l’emblématique Nelson MANDELA et ses camarades de lutte que sont, entre autres Walter SIZULU, Tabo M’BEKI Winnie MANDELA et autre Cyrille RAMAPHOSA actuel président d’Afrique du Sud.

Il urge donc que les Togolais se réveillent de la torpeur dans laquelle ils se sont enfermés pour faire face à ce régime qui a décidé de détruire notre pays et de n’en laisser qu’une épave.

Francis Pédro AMUZUN ce 5 juillet 2022.

0 thoughts on “Togo – Francis Pédro AMUZUN : “Le gouvernement instaure l’apartheid”

  1. Mr le specialiste d’apartheid, saches qu’en Afrique du Sud aujourd’hui beaucoup de noirs disent qu’ils etaient mieux lotis sous apartheid que mainenant. Les nouvelles dans le pays ne fait que creer les criminels, voleurs et incompetents.

  2. Les GNASSINGBE se plient aux règles discriminatoires éditées par leurs maîtres colons français qui sont coutumiers de la politique d’apartheid instaurées chez eux entre populations des centrss-villes et banlieusards.

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