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Archipel Togo… Le Grand Pardon

Voulez-vous de quelque chose de grand et de merveilleux à souhaiter aux Togolaises et aux Togolais ? Souhaitez-leur le Grand Pardon, et souhaitez-leur très sincèrement le Grand Pardon. Car, tous les jours d’avantage, il se révèle que c’est ce qui manque le plus à ce pays et particulièrement auprès du plus grand nombre, certes. Mais, surtout en situation de piège et de siège en velléités autocratiques, c’est le Grand Pardon qui manque le plus à l’élite politique… Quoi qu’on dise !

Et, si vous aimez les symboles, commencez ce dimanche ou dès aujourd’hui même à souhaiter le Grand Pardon aux Togolais. Commencez déjà en ces jours de veille et de lendemain d’une nouvelle année, des jours qui font également la veille et le lendemain des soixante ans d’errements depuis l’assassinat traumatisant du premier président démocratiquement élu par les Togolais, Sylvanus Olympio de vénérée mémoire et de gouvernance exemplaire faite d’idéaux constructifs d’une Nation… Quoi qu’on fasse !

Il n’y a d’intelligence que dans l’acte du bien. C’est le choix parfait de l’Éthique au détriment du machiavélisme. Le Grand Pardon est le choix convenable au Togo. C’est le seul choix qui vaille la peine et qui puisse requérir des Togolaises et des Togolais d’accepter, ne serait-ce que leur imperfection, pour amorcer leur démarche vers la Justice et la Réconciliation, à la fois réelles et symboliques ; Justice et Réconciliation préalables à tous les changements au Togo… Quoi qu’on dise !

L’innocence même du Grand Pardon, intervenu trop tôt il y a plus de 30 ans, fait que cette démarche n’a jamais été aussi urgente, nécessaire et absolue que maintenant. Qui plus, l’initiateur de cette démarche de Grand PardonÉdouard Édem KODJO, n’est plus de ce monde pour que certains craignent que l’intéressé en récolte tous les glorioles, les apparats et les ostentations. Quoi que cela lui en ait coûté déjà, de son vivant !

Aux Togolaises et aux Togolais, il ne sert plus à rien d’étaler dissensions et autres braderies d’honneur. Chaque jour davantage, plus que la veille et moins que le lendemain, les limites de la confrontation nationale et celles de l’isolement, des obstructions et des incompétences politiques sont suffisamment visibles à l’œil nu, que la République en a véritablement assez de tant de gâchis, tant de malhonnêteté, tant de confusion, tant d’abandons, tant de désinvolture… Quoi qu’il en soit !

Le Togo crie Grand Pardon… C’est une démarche à responsabilité républicaine qui n’a besoin que d’actes suffisamment éthiques à sa résonnance dans la restitution du Togo à l’intelligence réparatrice de toutes les blessures, et constructive de la somme des ambitions individuelles et collectives en errance. L’art du Grand Pardon fait désormais devoir dans l’archipel Togo… Quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse !

PSA
4 décembre 2022

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F.Fabregat
F.Fabregat
December 19, 2022 7:12 pm

Le Grand Pardon… intention louable certes mais vaste programme dans le cadre du Togo qui vit sous un régime de dictature cinquantenaire de père en fils. Beaucoup de togolais se contenteraient déjà du simple pardon.
Une question vient alors : Et après ? Pour quel objectif ? Selon quel modus operandi ?
S’agit-il d’accorder le Pardon pour solde de tout compte ? S’agit-il de pardonner en faisant l’impasse de la case justice ? S’agit-il de pardonner en faisant l’impasse sur l’acception de la responsabilité individuelle ? S’agit-il de pardonner en faisant l’impasse sur l’acception de la reconnaissance des crimes commis ? S’agit-il de pardonner en faisant l’impasse sur les nécessaires réparations qui en découlent ? S’agit-il de pardonner en faisant l’impasse sur les sanctions même symboliques des actes délictueux ou des crimes de sang ?
Si tel est le sens du propos de l’auteur, une telle pratique du Pardon prend le risque de conduire à une impasse.
Pour pouvoir pardonner il faut au moins que celui qui a fauté reconnaisse la faute commise qui pourra lui être pardonnée.
A ce propos, dans la mesure ou l’auteur y fait référence implicite, lorsqu’il parle de Justice et Réconciliation, il est utile de rappeler que les auditions opérées en leur temps par la CVJR ont permis de constater en grandeur réelle la volonté de résistance des auteurs de crimes et de sévices et leur capacité de négation et de dénégation des évidences et des preuves produites, pour s’exonérer de leurs responsabilités.
Dans ces conditions, il pourrait être difficile de trouver des victimes disposées à pardonner à ceux-là, à des gens qui considèrent eux-mêmes leurs actions passées ou encore présentes pour certains, comme la normalité.
C’est ici qu’intervient la question cruciale du courage, car le pardon est aussi une question de courage.
Le courage de la victime susceptible de l’accorder malgré la charge affective de la douleur endurée, le courage du bourreau pour reconnaitre la faute commise.
Ce courage découle de la capacité des uns et des autres à affronter la réalité et la charge symbolique de l’histoire commune.
C’est à ce prix que les togolais pourront faire véritablement nation sur socle démocratique qui pourrait enfin commencer à être gravé dans le marbre.
Hors de cette démarche et du nécessaire courage pour parvenir à ce pardon tant espéré, il y a fort à craindre que malgré l’affichage des meilleures intentions et la beauté de l’exercice sémantique, survienne le risque de rester dans le domaine de l’incantation ou du vœu pieux.

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