Il est connu de tous que la république est un mode d’organisation d’un pays dans lequel le pouvoir est exercé par des représentants de la population, généralement élus, et où le Chef d’État n’est pas héréditaire et n’est pas le seul à détenir le pouvoir.Toute république partage des valeurs.Le socle repose sur la cohésion sociale et le vivre ensemble. Mais le Togo qui se proclame république développe des pratiques qui sapent toute initiative de cohésion sociale.
Le plus décapant demeure les grandes célébrations autour du décès de Eyadema Gnassingbé.
Eyadema l’immortel
Depuis son décès officiel le 5 février 2005 , des hommages lui sont rendus chaque année. Président du Togo de 1967 à 2005, il est normal que le peuple se souvienne de lui. Cette année n’a pas dérogé à la règle. Le Togo a commémoré jeudi 5 février 2026, le 21I” anniversaire de la disparition de l’ancien président Gnassingbé Eyadéma à travers une cérémonie d’hommage organisée au Palais des Congrès de Kara. Cette rencontre solennelle s’est déroulée en présence du Président du Conseil Faure Gnassingbé, du Président de l’Assemblée Nationale Selom Klassou, des membres du gouvernement, de la famille, des personnalités politiques, administratives, militaires, religieuses et traditionnelles.
Recueillement à travers des prières pour le repos éternel de l’âme du disparu a marqué la cérémonie au cours de laquelle les officiants religieux ont invoqué la paix divine et rappelé les valeurs morales qui ont jalonné la vie et l’action de l’ancien chef de l’État, notamment le sens du devoir, l’attachement à la patrie et la recherche de la cohésion nationale. Dans leurs interventions, ils ont exhorté les fidèles et l’ensemble des Togolais à cultiver l’amour de la nation, à préserver l’unité nationale et à œuvrer sans relâche pour la construction et la transformation du pays, dans un esprit de paix et de solidarité. Il a été également mis l’accent sur la nécessité de renforcer la paix et le vivre-ensemble, dans un contexte régional et international exigeant.
La veille, une cérémonie dédicace a rassemblé M. Gnassingbé et son bataclan. Après Lomé en octobre 2025, Pya dans la Kozah a accueilli le mercredi 04 février la cérémonie solennelle de dédicace de l’ouvrage «À l’ombre du Baobab», de l’ancien ministre et doyen des sénateurs, Koudjolou Dogo, dédié à la mémoire de Gnassingbé Eyadema.
Tout pour Eyadema, rien pour les autres
En dehors des hommages annuels à Eyadema, l’année 2025 qui a marqué ses 20 ans de disparition a été entièrement consacrée à sa célébration à travers le pays. Des ripailles au frais du contribuable qui peuvent servir à construire des bâtiments scolaires et réaliser quelques forages pour desservir le Grand Nord du Togo contraint en partie à partager l’eau de rivière avec des animaux sauvages. Les grandes célébrations autour de la mémoire de Eyadema contrastent avec le grand oubli volontaire des dates commémoratives du décès des autres Présidents du Togo.
Plus sérieusement, le 13 janvier qui marque l’assassinat du Premier Président du Togo Sylvanus Olympio ne fait l’objet d’aucun office officiel. Même pas un simple communiqué du gouvernement. Il en est de même pour Nicolas Grunitzky décédé le 27 septembre 1969 et bien d’autres comme Klebert Dadjo et Abass Bonfoh.
Comment peut-on proclamer la cohésion sociale et le vivre ensemble dans ses conditions ? On en parle année après année mais Faure Gnassingbé qui a succédé à son père fait comme si de rien n’était.
Kokou AGBEMEBIO
Source : Lecorrecteur.tg


