Advertisements

 Togo – Détournements à l’OTR :  « Trop grave pour mon pays », lâche le Prof Wolou

Au Togo, une affaire de détournement de deniers publics secoue l’Office togolais des recettes. Selon le journaliste d’investigation Ferdinand Ayité, preuves à l’appui, de simples agents auraient détourné des centaines de millions de francs CFA, déposés ensuite en espèces dans une institution financière de la place. La justice togolaise s’est finalement saisie du dossier. Des comptes auraient été gelés. Une enquête est ouverte.

L’affaire n’a pas manqué de s’inviter, lundi à Lomé, lors de la signature de la nouvelle charte du Cadre national de concertation pour le changement au Togo, le CNCC.

Interrogé sur le sujet, le professeur Wolou Komi, ancien doyen de la Faculté de droit de l’Université de Lomé, n’a pas cherché ses mots. « Je dirai trop grave. Trop grave pour mon pays ».

Mais l’universitaire relativise aussitôt : ce scandale n’a, selon lui, rien de nouveau. « Ce n’est pas un problème qui vient de naître. Vous avez entendu, par le passé, qu’on a ramassé des centaines de millions au domicile des gens ».

Pour lui, les signes ont toujours été là  dans le train de vie de certains responsables, leurs réalisations sur le territoire, leurs comptes bancaires. « Il n’y a absolument rien qui étonne. Cette façon de faire est un choix du système. Ça fait partie de leurs stratégies de gouvernance. C’est évident ».

Le professeur va plus loin. Mettre fin à ces pratiques, dit-il, ne sera pas l’affaire des seuls responsables politiques. Ce sont les plus vulnérables, notamment les étudiants, les apprentis, les chômeurs, les jeunes sans perspective, qui doivent se mobiliser. « Ce sont eux qui en souffrent davantage. Ce sont eux qui doivent nous aider à mettre fin à ce système ».

Et il prévient : « Si ce régime passe encore cinquante ans, ils détourneront davantage. La population n’aura pas de routes. N’aura pas d’hôpitaux. L’essentiel, pour eux, c’est d’être maintenus au pouvoir ».

Jean-Pierre Fabre, président de l’ANC, a conclu d’une phrase : « C’est ce que nous sommes en train de faire. Mobiliser la population contre ce régime et sa mauvaise gouvernance. Éveiller le peuple ».

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *