Deux organisations panafricaines basées à Lomé ont publié mardi un communiqué conjoint en réponse au discours prononcé la veille à Nairobi par le président français Emmanuel Macron, dans lequel il affirmait que « les Européens ne sont pas les prédateurs du XXIe siècle en Afrique ».
Le Mouvement Martin Luther King (MMLK) et l’Institut Panafricain pour la Réhabilitation Alternative (IPRA) ont rejeté cette affirmation, estimant qu’« un prédateur ne dit jamais son nom » et qu’il « se présente en partenaire, comme la France l’a fait pendant des décennies ».
Dans leur texte, les deux organisations dressent un bilan des relations Europe-Afrique depuis 1885 : frontières arbitraires tracées sans consultation des peuples africains, maintien du franc CFA sur quatorze pays, exportation de matières premières sans transformation locale, présence de bases militaires étrangères sur le continent et opérations de multinationales qu’elles accusent de s’affranchir de l’impôt.
Face aux annonces de partenariat formulées par le président français au Kenya, le MMLK et l’IPRA posent trois questions publiques : qui détiendra les actifs créés au Kenya dans dix ans, qui formera et emploiera les ingénieurs et techniciens locaux, et en quelle devise les financements seront-ils remboursés. « Sans réponses claires et contraignantes, ces engagements relèvent du maintien de dépendance, non de la souveraineté », affirment-ils.
Les deux organisations annoncent par ailleurs la tenue d’un événement à Lomé le 28 mai 2026, qu’elles décrivent comme la signature d’un « Serment du Berceau », présenté comme un « acte de décès de Berlin 1885 et acte de naissance de l’Afrique souveraine ».
