Serap Güler, ministre adjointe aux Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne, a foulé ce mardi les quais du Port autonome de Lomé. Une visite qui ne doit rien au protocole ordinaire, elle s’inscrit dans une relation qui remonte à 1884, et que les deux pays entendent désormais projeter vers 2040.
Le Port autonome de Lomé est aujourd’hui le premier port à conteneurs d’Afrique de l’Ouest. Seul port naturel en eau profonde de la façade atlantique africaine avec 16,60 mètres de tirant d’eau, il dessert un hinterland de 80 millions de consommateurs au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Inauguré le 26 avril 1968, financé à près de 70 % par la banque publique allemande KfW et construit par le groupe Hochtief, il est depuis six décennies le poumon logistique de toute une sous-région.
Face à la délégation allemande, Edem Kokou Tengue, ministre délégué chargé de l’Économie maritime, a exposé un agenda en quatre chantiers.
Premier chantier : verdir le port. L’objectif affiché est une empreinte carbone réduite à l’horizon 2040, avec l’électrification des engins de manutention, des panneaux solaires sur les emprises portuaires, une connexion électrique à quai pour les navires en escale, et des études sur l’hydrogène vert. L’expertise allemande (GIZ, KfW, instituts Fraunhofer ) est explicitement sollicitée sur ce volet.
Deuxième chantier : numériser. Guichet unique électronique, dématérialisation documentaire, traçabilité de la marchandise, cybersécurité des infrastructures critiques. Le port intelligent est en marche.
Troisième chantier : désenclaver l’hinterland. La modernisation du corridor routier nord-sud vers le Burkina, le Mali et le Niger est sur la table, avec des études de faisabilité pour une revitalisation ferroviaire. Des ports secs dans l’hinterland sont également envisagés.
Quatrième chantier : former. Inspiré du modèle allemand de formation duale, un centre d’excellence régional sur l’économie bleue est à l’étude, avec des bourses et des partenariats universitaires ciblant la jeunesse togolaise.
Peu de gens le savent : le Port autonome de Lomé est, pour l’essentiel, une construction allemande. Inauguré le 26 avril 1968, il a été conçu par des ingénieurs allemands, financé à près de 70 % par la KfW, la banque publique de développement de Berlin, et bâti par le groupe Hochtief, l’un des géants mondiaux du génie civil.
