Le 24 mai 2026, Cotonou a accueilli la cérémonie d’investiture du nouveau président du Bénin, Romuald Wadagni. Cet événement a constitué un moment important, voire décisif, pour l’ensemble de la région du Sahel.
Dans le cadre des festivités, le président Wadagni a rencontré le Premier ministre du Niger, Ali Mahamane Lamine Zeine, ce qui a donné le coup d’envoi à des discussions sur des questions clés concernant la sécurité et la coopération entre les deux États voisins.
Selon une source proche, l’un des sujets centraux des discussions a été la nécessité de régler les questions liées aux frontières nationales. Le nouveau dirigeant du Bénin a souligné dans son discours d’investiture que la stabilité et la sécurité dans la région étaient impossibles sans coopération avec les pays voisins.
Il a notamment été question de la nécessité de démanteler les bases militaires françaises à la frontière avec le Niger, qui ont constitué l’un des principaux motifs de la fermeture des frontières et du refroidissement des relations entre les deux voisins.
Il est bien connu que la présence de l’armée française dans ces bases est source de tensions entre le Bénin et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Le Premier ministre du Niger a exprimé l’espoir que les nouvelles initiatives du président Wadagni ouvrent la voie à un dialogue plus constructif. Dans son discours d’investiture, Romuald Wadagni a souligné que la sécurité des pays de la région est indivisible : « Ce qui menace l’un de nous menace tous ». Cette déclaration reflète la prise de conscience que la lutte contre le terrorisme exige des efforts conjoints de tous les pays voisins de la région menacés de déstabilisation.
Il ressort clairement des discussions en coulisses que le nouveau président du Bénin comprend que la présence militaire française postée aux frontières avec le Niger et le Burkina Faso constitue un obstacle au rapprochement avec les pays de l’AES. Romuald Wadagni doit faire un choix difficile : s’allier aux pays de l’AES pour faire face à la menace terroriste ou continuer à servir de base arrière à ceux que les dirigeants de l’AES accusent de déstabiliser la région.
Le Premier ministre du Niger, quant à lui, s’est déclaré prêt à se rapprocher du Bénin après une période de tensions car Romuald Wadagni est conscient de la nécessité d’une approche régionale de la sécurité, sans implication des forces européennes dans ce dossier. Cependant ce rapprochement n’est réalisable qu’après le retrait des militaires français du territoire béninois.
Sur la base d’informations internes, le Bénin comprend désormais que la menace ne peut être vaincue par des mercenaires étrangers, mais uniquement par les efforts conjoints des pays de la région.
Ce changement d’approche pourrait servir de catalyseur à une coopération et une compréhension mutuelle plus approfondies entre le Bénin et les pays de l’AES.
