Le Programme National de Santé Oculaire et la Banque Islamique de Développement ont officiellement lancé ce lundi 18 mai au CHR Lomé Commune le PRSSODDT, un projet structurant qui ambitionne de transformer durablement le système de santé oculaire togolais d’ici 2030.
Plus de 60 000 cas de cataracte non traités, 4 % de la population âgée de 50 ans et plus frappée de cécité, et jusqu’à 20 % des enfants scolarisés présentant des troubles visuels. C’est sur ce constat alarmant que le gouvernement togolais et la Banque Islamique de Développement ont lancé, ce lundi au CHR Lomé Commune, en présence de son directeur général le lieutenant-colonel Macamazi Atafèi Laroutaki, le Projet de Renforcement du Système de Santé Oculaire pour le Développement Durable au Togo (PRSSODDT).
Un système à relever
Le Dr Yawo Sefofo Prempe, représentant le ministre de la Santé, a posé le diagnostic sans détour : « Le constat, c’est que la couverture n’est pas encore totale et qu’il va falloir arriver à ça. C’est également que le plateau technique n’est pas assez évolué et qu’il va falloir le faire. »
Le projet repose sur quatre axes : formation de professionnels qualifiés, relèvement du plateau technique des structures existantes, sensibilisation des populations et création d’une structure de référence. Concrètement, cinq ophtalmologistes, une quinzaine de techniciens supérieurs et une dizaine d’optométristes seront formés. Mais l’ambition va plus loin. « La chirurgie de la rétine, on ne l’a pas au Togo. C’est à ça que nous voulons arriver par ces sous-spécialisations : pouvoir former au moins six ophtalmologistes en sous-spécialités, notamment pour le glaucome et la rétinopathie diabétique », a précisé le Dr Prempe.



La BID engage sa vision régionale
Larbi Neffati, représentant de la BID, a rappelé le long chemin parcouru dans le cadre de l’Alliance pour la Lutte contre la Cécité Évitable. Il a également annoncé la montée en puissance de l’initiative EYECA, dédiée aux enfants scolarisés : « Après une première phase ayant permis le dépistage de 200 000 élèves, nous prévoyons le démarrage d’une deuxième phase à partir d’octobre 2026 visant le dépistage de 400 000 élèves supplémentaires. Notre ambition commune avec les autorités togolaises est d’atteindre progressivement un objectif global d’un million d’enfants bénéficiaires. »
Sur le plan chirurgical, le PRSSODDT vise à faire passer le Taux de Chirurgie de la Cataracte de 999 à 1 485 interventions par million d’habitants par an d’ici 2027, avec une amélioration de 30 % de la couverture des soins oculaires à l’horizon 2030. Quatre districts sont ciblés en priorité, l’Avé, le Yoto, le Vo et les Lacs, pour 84 000 patients directs.
« La réussite de ce projet dépendra de l’engagement collectif de toutes les parties prenantes », a conclu Larbi Neffati. Pour les 60 000 patients en attente d’une opération de la cataracte, ce projet arrive à point nommé.
