Il n’a pas tardé à répondre. Moins de 72 heures après la publication du communiqué annonçant son exclusion définitive de l’Union des Forces de Changement (UFC), Elliott Ahlin Ohin, 2ème Vice-président et membre fondateur du parti, a rendu publique une mise au point cinglante, signée ce 21 mai 2026.
« Une décision nulle et sans effet »
Dans ce document officiel, tamponné et signé, Ohin réfute catégoriquement la décision prise lors de la réunion extraordinaire du bureau directeur du 18 mai 2026, convoquée et animée par Séna Alipui. Pour le vice-président, cette mesure disciplinaire ne repose sur rien de juridiquement solide.
La raison ? Le congrès qui a servi de fondement aux décisions d’exclusion s’est tenu, selon lui, “en violation manifeste des statuts et règlements intérieurs du parti“.
« Ce rassemblement illégal, organisé en dehors de tout cadre réglementaire, ne saurait produire des effets juridiques ou politiques opposables aux dirigeants légitimes du parti », écrit-il sans ambages.
La justice, seule arbitre
Ohin rappelle qu’une “procédure judiciaire est actuellement pendante” devant les juridictions compétentes, portant précisément sur la légalité de ce congrès et de tous les actes qui en découlent. « Dès lors, toute décision prise avant que la justice ne se prononce constitue une manœuvre prématurée, partisane et dépourvue de toute base légale », assène-t-il.
A l’en croire, c’est Séna Alipui lui-même qui se retrouve en situation de “hors-la-loi au regard des textes fondateurs du parti“, lui qui prétend appliquer les articles 47 des statuts et 26 du règlement intérieur. Comment peut-on invoquer des textes que l’on viole soi-même dans le processus qui a conduit à leur application ?
Un appel au calme, mais une fermeté affirmée
Le vice-président fondateur appelle les militants et sympathisants au calme et à la vigilance face à ce qu’il qualifie de « tentatives de déstabilisation orchestrées par des intérêts personnels contraires à l’unité et à l’avenir du parti ». Il conclut par une formule qui sonne comme un avertissement : « La vérité juridique et politique triomphera. La nuit est longue, mais le jour vient. »
Dans tout ce fracas, une absence remarquée : celle de Gilchrist Olympio, président historique de l’UFC. Le fondateur du parti, alourdi par le poids des années, a-t-il encore les ressources nécessaires pour redresser les brebis égarées qui sèment le chaos à la tête de son propre mouvement ?
Rappelons que Elliott Ahlin Ohin et trois militants de l’Union des forces de changement notamment Esther Adigo, Bismarck Aboda et Fada Adzrakou ont été définitivement exclus du parti pour de violations des règles internes, d’indiscipline et de sabotage, et « transhumance politique », selon un communiqué signé par Séna Alipui, vice président de l’UFC.
