À travers la nomination du nouvel Archevêque de Lomé, Bruno HADEN décrypte les attentes spirituelles, sociales et pastorales d’une Église appelée à témoigner avec foi, vérité et courage dans un contexte marqué par la quête de sens et d’unité.
Par Bruno HADEN
Chargé de Communication de Jeunes Catholiques en Ligne (JCL)
Un Archevêque pour un temps décisif : foi, vérité et courage au cœur d’un Lomé en quête d’espérance
Par- delà une simple nomination, c’est un signe des temps.
En désignant Mgr Isaac Jogues Kodjo Agbéménya GAGLO comme nouvel Archevêque de l’Archidiocèse de Lomé, l’Église catholique ouvre une nouvelle étape de son histoire au Togo. Cette étape, riche de promesses, ne saurait être pleinement saisie sans une lecture lucide et discernante des défis spirituels, sociaux et humains qui traversent notre temps, invitant chacun à y discerner la main providentielle de Dieu.
Car il ne s’agit pas simplement de combler une vacance épiscopale. Il s’agit, bien au-delà, de répondre à une attente essentielle : celle d’un peuple assoiffé de sens, d’une Eglise appelée à la conversion pastorale, et d’une société traversée par des fractures à la fois visibles et sourdes, où se joue, en filigrane, la quête d’une unité plus grande sous le regard de Dieu.
Un temps décisif pour l’Église et pour la société
Nous traversons une époque où les repères traditionnels se dissoudent, où la parole publique peine à conserver son autorité et où la confiance, qu’elle soit placée dans les institutions ou dans les figures de leadership, se trouve profondément ébranlée. Le Togo, à l’instar de tant d’autres nations, en porte les stigmates, mais aussi, peut-être, les germes d’une renouvelée quête de sens.
Dans ce contexte, la nomination d’un Archevêque ne saurait se limiter à une simple formalité administrative ou ecclésiale. Elle constitue, avant tout, un geste à la fois spirituel et prophétique, une réponse à l’appel de Dieu pour son peuple.
Être Archevêque de Lomé aujourd’hui, c’est se tenir à la croisée de chemins exigeants:
. celui d’une foi vivante et incarnée, appelée à rayonner dans le quotidien des fidèles ;
. celui d’une vérité intrépide, dont la proclamation, bien que difficile, est indispensable à toute métamorphose authentique ;
. celui d’un courage inébranlable, sans lequel aucune mission, aussi noble soit-elle, ne pourrait porter du fruit.
Un passage marqué par la mémoire et la responsabilité
Succéder à un pasteur appelé à Dieu en cours de mission revêt une dimension particulière. C’est s’inscrire dans une histoire déjà marquée par l’émotion des adieux, la fidélité des engagements pris, et parfois le poids des œuvres inachevées, mais aussi dans la continuité d’une mission qui dépasse les hommes.
Dans ce contexte, la mission de Mgr Isaac Jogues Kodjo Agbéménya GAGLO s’articule autour d’une double responsabilité : rendre hommage à la mémoire de son prédécesseur, serviteur jusqu’au dernier souffle, et tracer une voie nouvelle, dans la fidélité plutôt que dans la rupture, avec le discernement qui sied à sa charge.
Cette succession, loin d’être une simple transition, appelle l’Eglise à relire son histoire : non comme une succession de ruptures, mais comme une continuité vivifiée par la grâce divine, y compris dans les temps d’épreuve.
Un pasteur appelé à guider dans la complexité
Le rôle d’un Archevêque transcende largement la simple gestion administrative d’un Archidiocèse. Il est d’abord pasteur, c’est-à-dire celui qui écoute avec le cœur, discerne avec sagesse, accompagne avec patience, éclaire par sa parole et, lorsque la charité l’exige, interpelle avec audace.
En cela, la mission confiée à Mgr Isaac Jogues Kodjo Agbéménya GAGLO est exigeante.
Elle exige une Église :
- proche des réalités du peuple, notamment des plus vulnérables ;
- audacieuse dans son témoignage, même lorsque cela dérange ;
- fidèle à l’Évangile, sans compromis avec l’injustice ou la peur.
Mais elle exige aussi une capacité rare : celle de tenir ensemble la douceur du pasteur et la fermeté du prophète.
Foi, vérité et courage : les piliers d’une mission
Trois mots peuvent résumer les attentes qui entourent cette nomination : foi, vérité, courage.
- La foi, non comme refuge, mais comme force agissante dans le monde. Une foi qui éclaire les consciences et inspire l’action.
- La vérité, non comme arme, mais comme chemin de libération. Une vérité qui appelle à la transparence, à la justice et à la responsabilité.
- Le courage, enfin, celui de parler quand il le faut, de se tenir debout quand cela coûte, et de porter une parole qui dépasse les intérêts immédiats.
Ces trois dimensions ne sont pas optionnelles : elles sont constitutives de toute mission pastorale authentique.
Une Eglise attendue au cœur de la cité
Aujourd’hui plus que jamais, l’Eglise est appelée. Non pas pour imposer son autorité, mais pour se faire servante ; non pas pour se replier sur elle-même, mais pour rayonner au cœur du monde par une présence transformante.
À Lomé, cela se traduit par une mission à la fois pastorale et prophétique :
- accompagner les jeunes dans leur recherche de sens et de transcendance ;
- soutenir les familles éprouvées par les épreuves du quotidien ;
- œuvrer à la réconciliation et à la paix dans une société parfois traversée par la méfiance et les clivages ;
- collaborer, aux côtés d’autres acteurs de bonne volonté, à l’édification d’une société plus juste et fraternelle.
L’Eglise ne peut pas tout faire. Mais elle ne peut pas non plus se taire.
Une espérance à raviver
Au fond, l’enjeu dépasse la simple nomination d’un Archevêque : il s’agit de l’espérance elle-même.
Dans un monde où rongent le doute, où certains cèdent au découragement et où d’autres se referment sur eux-mêmes, il est urgent de raviver une espérance crédible et vivifiante.
Cette espérance ne jaillit pas des discours, mais des témoignages concrets, des choix audacieux et des paroles de vérité.
Elle émerge également de la capacité d’un peuple à se rassembler dans l’adhésion à ce qui le transcende.
Une responsabilité partagée
La nomination de Mgr Isaac Jogues Kodjo Agbéménya GAGLO marque une étape significative. Pourtant, elle n’en constitue que le premier pas.
En effet, un Archevêque, fussé-il animé de la plus grande ferveur, ne saurait à lui seul porter la transformation d’une Eglise ou d’une société. Car cette mission, par essence, est collective et synodale.
Cette mission implique :
. les prêtres, les religieux et les consacrés,
. les fidèles laïcs engagés,
. les jeunes en quête de sens,
. et, au-delà des frontières de la foi, tous ceux qui, animés par l’espérance, œuvrent pour la dignité de l’homme et la construction d’un monde plus juste.
En ce sens, cette nomination constitue un triple appel :
à la conversion du cœur,
à l’engagement concret,
à l’espérance inébranlable.
Et peut-être, au fond, une invitation à redécouvrir que,
même dans les temps d’incertitude, Dieu continue d’écrire l’histoire — avec nous et par nous.

Je n’ai pas très bien compris l’objectif de cette tribune… J’ose croire que l’Église Catholique Togolaise va au delà de l’Archi-diocèse de Lomé, et les problèmes de l’Eglise sont connus par la Conférence des Évêques Catholiques du Togo. Mon apport, j’oserai insister sur le rôle des parents… Certains sont perdus dans le matérialisme, ils y ont entraîner leurs enfants. On va à l’église et on exige le bien-être sans effort… Sans discipline… La jeunesse est déboussolée…