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Togo : Dr Albert Kate appelle l’Église catholique à faciliter un dialogue politique sincère

Albert Kate

Le débat sur le rôle des institutions religieuses dans la vie politique togolaise refait surface. Dans une récente déclaration, Dr Albert Kate a exprimé son inquiétude face à ce qu’il considère comme le silence de l’Église catholique du Togo sur les questions politiques nationales, alors même que le pays traverse une période marquée par des défis de gouvernance, de cohésion sociale et de dialogue entre les acteurs politiques.

Selon lui, l’attitude de l’Église catholique au Togo contraste fortement avec celle observée dans d’autres pays africains, notamment au Congo, où les autorités religieuses se sont récemment impliquées dans les discussions autour de la modification de la Constitution. « C’est grave. L’Église catholique choisit l’omerta quand nous avons plus besoin d’elle pour le dialogue politique que réclament les Togolais. Ce choix du silence est une politique de deux poids, deux mesures du Vatican pour la situation au Togo comparée à celle du Congo », a-t-il déclaré.

Cette prise de position intervient après la publication de la dernière lettre pastorale de la Conférence des évêques du Togo (CET). Pour Dr Kate, ce document ne répond pas suffisamment aux attentes des fidèles et de l’opinion publique concernant les enjeux politiques actuels et les pistes susceptibles d’améliorer la situation du pays.

Le leader d’opinion estime que l’Église pourrait jouer un rôle de médiation afin de favoriser l’ouverture d’un dialogue politique inclusif. « Tout ce que nous demandons à l’Église est d’aider les Togolais à commencer le dialogue politique sincère dont le Président du Conseil avait parlé », a-t-il souligné.

Dr Kate regrette également l’absence de discussions directes entre les différents acteurs politiques et le Président du Conseil depuis le rejet du cadre du Conseil National d’Appui au Processus (CNAP). Il rappelle qu’en décembre dernier, seul le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), dirigé par Yao Daté, s’était montré disposé à rencontrer le Président du Conseil afin d’évoquer plusieurs sujets d’intérêt national, notamment la question des prisonniers et celle du dialogue politique.

Pour appuyer son argumentaire, il fait référence à l’histoire politique du pays et aux démarches entreprises dans les années 1990 par des figures telles que Me Yawovi Agboyibor et Léopold Gnininvi. Selon lui, les rencontres et compromis obtenus à travers leurs échanges avec le Président Gnassingbé Eyadéma avaient permis d’arracher des avancées dont le pays bénéficie encore aujourd’hui.

Dr Kate déplore que de nombreux acteurs politiques contemporains privilégient désormais une stratégie d’éloignement vis-à-vis du pouvoir, ce qui, selon lui, freine les possibilités d’avancées concrètes. Il estime que cette situation contribue à prolonger les difficultés rencontrées par la population togolaise.

S’interrogeant sur le silence observé par l’Église catholique, il se demande si cette réserve traduit une volonté de ne plus intervenir dans les débats politiques nationaux. « Si le Vatican avait interdit à Mgr Barrigah de ne plus se mêler de la politique, nous avons aujourd’hui un nouveau pape et un remplaçant de Mgr Barrigah. Les élections de 2020 sont derrière nous et nous avons besoin aujourd’hui de la facilitation des évêques pour avancer. Alors, chers évêques, pour l’amour du ciel, aidez-nous à décrocher le dialogue politique », a-t-il lancé.

Par ailleurs, Dr Kate note que l’implication des partenaires internationaux dans la résolution des crises politiques togolaises semble aujourd’hui moins marquée qu’auparavant. Il rappelle le rôle joué par plusieurs diplomates étrangers, notamment Nicolas Berlanga, ancien ambassadeur de l’Union européenne au Togo, Bruno Delaye, ancien ambassadeur de France, ainsi que l’ambassadeur américain Whitehead et d’autres membres du Groupe des Cinq, dans les efforts visant à accompagner le pays vers des solutions consensuelles.

Pour cet acteur politique de la diaspora, l’absence actuelle de médiateurs influents, qu’ils soient religieux ou diplomatiques, renforce la nécessité de s’accorder rapidement sur le cadre par un tête-à-tête avec le PC pour avoir assez de temps pour la préparation et en faire un dialogue unique, sincère et réussi.

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