Faute de réponses à des revendications portées depuis 2025, le Syndicat des agents du Port Autonome de Lomé menace d’arrêter le travail du 25 au 27 juin 2026. Un bras de fer qui pourrait peser sur l’un des ports les plus stratégiques d’Afrique de l’Ouest.
Le Port Autonome de Lomé, hub maritime incontournable de la sous-région, pourrait connaître une paralysie partielle à la fin du mois de juin. Le Syndicat des agents du Port Autonome de Lomé (SYAPAL) a déposé, le 8 juin 2026, un préavis de grève de 72 heures adressé au Directeur Général du port, avec copie à l’inspection du travail Lomé Est 2. L’arrêt de travail est prévu du jeudi 25 juin à 7h00 au samedi 27 juin à 23h59, et concernera l’ensemble des catégories de personnels : dockers occasionnels, dockers professionnels, agents permanents et treuillistes.
Ce préavis est l’aboutissement d’un bras de fer qui s’étire depuis l’assemblée générale du 6 octobre 2025. Deux autres assemblées, en janvier et en mai 2026, ont réaffirmé les mêmes exigences, sans qu’aucune réponse satisfaisante ne soit apportée par la direction. Le syndicat dit avoir épuisé les voies du dialogue.
Les revendications portées par le SYAPAL touchent à des fondamentaux du droit du travail : l’établissement d’un statut clair régissant l’ensemble du personnel, la rémunération des heures supplémentaires conformément à la réglementation en vigueur, la déclaration des dockers occasionnels à la Caisse nationale de sécurité sociale, ou encore l’octroi de primes de salissure et de manutention. Le syndicat réclame aussi l’application effective de l’accord collectif d’établissement du port et le respect de l’arrêté conjoint du 19 août 1976 portant statut particulier du personnel portuaire, un texte vieux de cinquante ans, mais toujours en vigueur.
L’enjeu dépasse le simple conflit social interne. Premier port à eaux profondes d’Afrique de l’Ouest, le Port de Lomé est une artère vitale pour le commerce régional, servant de point de transit pour plusieurs pays enclavés du Sahel. Toute perturbation, même brève, peut avoir des répercussions en cascade sur les chaînes d’approvisionnement de la sous-région.
La direction du port n’avait pas encore réagi publiquement au moment de la publication de cet article.
