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Togo- Vernissage de TCHES à Lomé : Quand l’art plastique togolais célèbre ses talents et sa mémoire

L’Hôtel 2 Février de Lomé a servi de cadre, samedi 20 juin, à une soirée dédiée à la création artistique togolaise. Entre vernissage, exposition, remise de distinctions et concert, l’événement organisé autour de l’artiste international togolais TCHES a mis à l’honneur les arts plastiques, un secteur souvent moins exposé que la musique ou le cinéma.

Placée sous le haut parrainage du ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac Tchiakpé, et soutenue par la Fédération des Festivals du Togo (FEFE-Togo), la rencontre a réuni responsables culturels, artistes et passionnés d’art autour d’une même ambition : valoriser la création togolaise et ceux qui contribuent à son rayonnement.

 Quand les déchets deviennent des œuvres d’art

Au cœur de la soirée, quatorze tableaux signés TCHES ont été dévoilés au public. Plasticien et guitariste-chanteur, l’artiste développe depuis plusieurs années une démarche fondée sur le recyclage et la réutilisation des matériaux abandonnés.

Ses œuvres puisent leur matière dans les déchets du quotidien, transformés en créations artistiques porteuses d’un message écologique. « Je travaille beaucoup avec l’environnement. J’essaie d’être en connexion avec la nature où je récupère les produits bruts », a expliqué l’artiste. À travers son travail, il entend sensibiliser le public à la préservation du cadre de vie et à une meilleure gestion des déchets.

Pour lui, l’art doit également jouer un rôle éducatif. « J’essaie de donner une seconde vie aux objets abandonnés afin de conscientiser les gens sur leurs responsabilités envers l’environnement », a-t-il souligné. L’artiste a également évoqué son parcours international, marqué par plusieurs expositions à l’étranger. Ce vernissage revêtait pour lui une dimension particulière puisqu’il constituait son premier lancement officiel au Togo.

« J’ai eu à faire pas mal d’expositions à l’étranger. Aujourd’hui, je ramène toutes ces expériences et ces échanges culturels pour les partager avec le public togolais », a-t-il déclaré, tout en rendant hommage aux grandes figures de l’art togolais disparues dont il entend poursuivre l’héritage.

Une reconnaissance pour les bâtisseurs de la culture

L’autre temps fort de la soirée a été la remise de cinq trophées par Marie-Madeleine Adoboé, représentante de l’Union mondiale des arts et de la culture au Togo.

Le ministre Isaac Tchiakpé a reçu le Grand Prix africain de la culture pour son engagement en faveur du développement culturel et son soutien aux artistes. Les organisateurs ont notamment salué son ouverture envers les acteurs du secteur ainsi que ses initiatives en faveur de la promotion des œuvres d’art.

L’artiste plasticien Gbati Tchédre a, quant à lui, été distingué pour l’ensemble de son parcours. Son nom reste associé à plusieurs réalisations majeures au Togo, parmi lesquelles le monument de Bassar, les statues des lions des Forces armées togolaises ou encore le portrait de l’ancien président Gnassingbé Eyadéma.

Berthe Atafèinam BELEI-KADANGA, gardienne de la mémoire culturelle

Le Grand Prix de la recherche artistique a été attribué à Berthe Atafèinam BELEI-KADANGA, fondatrice de l’association Art Héritage Culture et promotrice de plusieurs initiatives culturelles, notamment ART’PLASTIC AWARDS, ART TO GO et les Résidences Internationales de Créations Artistiques et Culturelles (RICAC).

Cette distinction récompense plusieurs années de recherches consacrées à l’histoire du drapeau togolais, aux arts plastiques ainsi qu’au patrimoine culturel des peuples togolais et africains.

Visiblement émue, la chercheuse a décrit cette reconnaissance comme « un immense trésor ». Elle a souligné que nombre de traditions ancestrales disparaissent progressivement faute d’être documentées.

« Aujourd’hui, certaines traditions s’effacent d’elles-mêmes. Si nous ne les documentons pas, elles risquent de disparaître définitivement », a-t-elle expliqué.

Pour elle, la recherche culturelle constitue un outil de transmission essentiel. Les archives, les œuvres ethnographiques et les travaux de documentation réalisés aujourd’hui permettront aux générations futures de mieux comprendre les sociétés d’hier et, peut-être, de redonner vie à certains savoirs perdus.

La cérémonie a également distingué Nicolas Tchéou, dit « Nicolson », pour son apport à l’innovation culturelle en Afrique et son engagement en faveur de la structuration du secteur artistique.

Un hommage salué par la profession

Présent à la soirée, l’artiste plasticien Kokou Ekouagou, également consultant et manager culturel, a salué l’événement. Il y décrit une « démarche créative innovante qui allie expression artistique, conscience environnementale et transmission de valeurs citoyennes » chez TCHES, rappelant que l’art « n’est pas seulement un objet de contemplation, mais aussi un puissant outil d’éducation et de sensibilisation ». Sur la distinction accordée à Atafèinam BELEI-KADANGA, il estime qu’elle « constitue un signal fort en faveur de la recherche culturelle et de la sauvegarde de notre mémoire collective », dans un contexte où « de nombreux savoirs et traditions risquent de disparaître ».

La soirée s’est achevée par une vente aux enchères des œuvres exposées, puis un concert de TCHES.

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