Cette semaine, des leaders religieux et des représentants de médias confessionnels de Lomé se sont retrouvé autour d’un objectif commun : apprendre à détecter et à désamorcer les discours de radicalisation avant qu’ils ne prennent racine. L’atelier, organisé par l’agence Hotsi Communication avec l’appui de l’ambassade des États-Unis au Togo, s’inscrit dans l’appui au volet communication publique de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent (SNAPLEV).
Prévenir sans stigmatiser
Un des principaux modules de la formation est consacré à la communication responsable. L’un des formateurs, Felix Aklavon, ancien bénéficiaire du Programme des visiteurs internationaux du Département d’État des États-Unis, a conduit les participants à travailler sur le principe du Do No Harm (ne pas nuire), une des bonnes pratiques utilisées dans les programmes américains de prévention des conflits. L’autre formateur, Carlos Tobias, souligne que cette approche vise à s’assurer que la prévention de l’extrémisme violent contribue réellement à la stabilité et à la cohésion sociale, sans amplifier les rumeurs, stigmatiser une religion ou une communauté, ni créer de nouvelles tensions.


Les participants ont également débattu des conclusions d’une vidéo issue d’une discussion organisée par le Berkley Center for Religion, Peace, and World Affairs de Georgetown Universitysur le thème « Religion, gouvernements et prévention de l’extrémisme violent : quelles leçons retenir ? ». La discussion a permis aux participants de mieux comprendre comment les leaders religieux et les journalistes de médias confessionnels peuvent contribuer à la consolidation de la stabilité au Togo, dans la sous-région et, par ricochet, aux intérêts de sécurité des États-Unis, en agissant comme messagers crédibles, proches des communautés, capables de réduire les tensions, de combattre les rumeurs et de contrer la propagande.
CIPLEV, communication et institutions religieuses
Le Dr Katelewena Bayouma, directeur de la communication du Comité interministériel de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent (CIPLEV), a également fait un exposé sur le rôle du Comité, sur les grandes orientations de sa stratégie de communication, ainsi que sur la contribution que les confessions religieuses peuvent apporter à la consolidation d’un climat national de paix, de cohésion sociale et de stabilité propice au développement du pays.
Comprendre pour mieux prévenir
Un autre module, intitulé « Comprendre pour mieux prévenir », a permis aux participants de s’approprier les mécanismes de la radicalisation et les narratifs circulant au Togo, avant un exercice collectif de cartographie des rumeurs, tensions et discours de division observés dans leurs communautés respectives. Cet exercice visait à objectiver des phénomènes souvent perçus de manière diffuse.
Félix Klavon, formateur et expert en sécurité et paix, se veut lucide sans être alarmiste : « Le radicalisme n’est pas loin de nos portes. Nous avons des personnes radicalisées, mais qui n’ont pas franchi le seuil de la violence. Il faut anticiper, ne pas attendre que la violence s’installe. » D’où le choix de cibler aussi les leaders religieux les plus écoutés de leurs fidèles, considérés comme des relais de confiance capables de désamorcer un discours avant qu’il ne dérive.
À travers cette formation, l’appui américain contribue à renforcer des voix locales crédibles capables de prévenir les discours extrémistes avant qu’ils ne menacent davantage la stabilité du Togo, de la sous-région et, à terme, les intérêts de sécurité des États-Unis.


