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On a changé l’étiquette sur la porte. Personne n’a changé de clés.

Vous êtes commerçante à Adawlato, enseignant à Sokodé, chauffeur à Kara, étudiante à Lomé, ou loin d’ici, dans la diaspora, à suivre le pays par téléphone. Peu importe d’où vous regardez : le constat est le même.

Depuis mai 2025, le pays a un président de la République. Il est censé accréditer les ambassadeurs, recevoir les diplomates, gracier à titre individuel. 

Le pouvoir réel, défense, sécurité, diplomatie, nominations, règlements, grâces collectives, appartient à un « président du Conseil », fonction créée sur mesure pour l’homme qui dirige le pays depuis vingt ans, après un père qui l’a dirigé trente-huit ans avant lui.

Un Sénat existe désormais. Sur soixante et un sièges, vingt sont nommés directement par ce même président du Conseil. Une chambre censée le contrôler, en partie choisie par lui.

Le 2 décembre dernier, il s’est présenté devant le Parlement pour son discours sur l’état de la nation. Face à lui, cent treize sièges, dont trois pour l’opposition. 

Aucune séance de questions. 

Aucun débat contradictoire. 

Une chambre d’enregistrement, pas un contre-pouvoir.

Ce ne sont pas des opinions. Ce sont des chiffres qu’on peut vérifier, un à un.

On a rebaptisé la fonction. On n’a pas redistribué le pouvoir. C’est un même homme, dans le même fauteuil, avec un nouveau titre sur la porte du bureau.

Ce constat, l’essayiste Mohamed Madi Djabakate le documente avec précision dans son dernier texte. Ceux qui veulent aller plus loin dans les chiffres et les textes de loi le trouveront là-bas.

Le lien est en commentaire.

Un peuple qu’on habitue à regarder les titres finit par oublier de compter les mains qui tiennent réellement les clés. 

Je suis Gnimdéwa Atakpama. Je raconte l’Afrique en griot, je l’analyse en stratège et je la défends en citoyen.

#Togo #EtatDeDroit #Democratie

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