Le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a assisté vendredi à la descente sous terre de la première machine de creusement du projet RAINE. Une visite de terrain à la veille de la saison des pluies, entre grands travaux et pompage préventif.
Elle s’appelle Mawuse, « Dieu a écouté » en éwé. Cette première machine de creusement est descendue vendredi sous le sol du Grand Lomé, en présence du ministre Séna Alipui, marquant le début de la phase active du projet RAINE (Réseau d’Assainissement par Intercepteurs pour la Non-inondation de nos Espaces).
« Nous sommes à la phase d’exécution », a résumé le ministre, avant d’ajouter : « Nous sommes passés de la phase où on en parle à la phase où nous sommes en pleine exécution pour soulager la population. » Il a insisté sur le recours à des équipements à la pointe de la technologie, tout en prévenant : « C’est un travail difficile qui va commencer. »


7,5 km de canalisations sous la ville
Le projet prévoit environ 7,5 km de canalisations souterraines de 2 mètres de diamètre, qui collecteront les eaux de pluie pour les évacuer vers la vallée du Zio. Il doit protéger quelque 1 600 hectares et 230 000 habitants, notamment à Bè Kpota, Hédzranawoé, Tokoin Aviation et aux abords de l’Assemblée nationale.
La technique, sans tranchée, garde les rues ouvertes et permet de travailler même sous la pluie. Les tuyaux en béton bas carbone sont fabriqués au Togo, à Adétikopé, et le chantier, confié à PFO Construction Togo, représente 210 emplois directs. Interrogé sur l’avancement, le ministre a fait état d’une exécution « au-delà de 15 % », tout en tempérant les attentes : « Il est un peu tôt pour dire que c’est fini pour les inondations. »
Pomper avant que les bassins ne débordent
En attendant les résultats, le gouvernement agit sur le court terme. Le ministre a précisé que des opérations de pompage préventif sont en cours dans la plupart des bassins de rétention : plutôt que d’attendre qu’ils soient pleins, on abaisse leur niveau pour absorber les fortes précipitations et concentrer les efforts sur les quartiers touchés. Il a aussi salué l’action du Président du Conseil, dont les orientations, a-t-il estimé, permettent d’améliorer les conditions de vie des populations.
À Awatame, la pompe a changé la donne
Dans le quartier d’Awatame, durement touché par les inondations de cette année, le directeur de l’Assainissement, Agbéwounou Séméglo, a présenté ces aménagements comme une avancée majeure. Il a détaillé les mesures prises : une ligne électrique alimente désormais une pompe immergée en continu, et des matériaux ont été apportés pour stabiliser la voie et permettre aux engins d’intervenir. En amont, une conduite de 500 mm de diamètre sur 2 200 mètres refoule les eaux vers un bassin voisin.
« Nous sommes quand même confiants pour les saisons à venir », a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que l’élargissement des bassins reste nécessaire. Cette action figure déjà parmi les priorités du ministère.
Reste l’essentiel pour les habitants : voir, dès les premières pluies, des effets concrets sur leur quotidien.

