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Togo : « Ladies Movement » veut garder les filles sur les bancs du lycée

L’association IYAWO organise le samedi 31 octobre, à Golden Plazza, la troisième édition de « Ladies Movement », forum international consacré à l’impact et au leadership des jeunes filles. Placée sous le thème « Maintenir les filles à l’école et lutter contre les VBG en milieu scolaire », la rencontre entend mobiliser pouvoirs publics, partenaires et communautés autour d’un constat : au Togo, les filles disparaissent peu à peu des salles de classe.

Une hémorragie au fil du cursus

Les chiffres avancés par l’association sont éloquents. Si 94,6 % des filles fréquentent l’école primaire, elles ne sont plus que 61,4 % au collège et 29,2 % au lycée. Aux violences basées sur le genre (VBG) et aux grossesses précoces s’ajoute un facteur aggravant : selon IYAWO, ces situations concernent près de 20 % des filles qui quittent l’école, compromettant leur parcours et leurs perspectives d’avenir.

Donner la parole aux premières concernées

À l’origine du forum, Elisabeth Apampa, présidente d’IYAWO, revendique une approche qui part des intéressées. « Ladies Movement, c’est un cadre d’expression pour la jeune fille, pour l’accompagner à créer plus d’impact, pour surtout penser les défis de cette génération et ensemble cocréer les solutions », a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse.

Pour elle, il est impossible de promouvoir l’émancipation des jeunes filles sans qu’elles puissent s’exprimer elles-mêmes. « On avait besoin de créer un espace où elles-mêmes viennent s’exprimer et dire ce qu’on peut leur donner comme outils pour leur permettre de mieux évoluer dans la société », a-t-elle ajouté, en évoquant des initiatives « à fort impact sur le plan social et économique pour le bien de tout le Togo ».

Un bilan encourageant, cinq panels au programme

Les deux premières éditions ont réuni 700 personnes et mobilisé plus de dix partenaires. Des jeunes filles passées par ces rencontres ont témoigné de leurs retombées : confiance en soi renforcée, meilleure prise de parole en public, travail sur soi et découverte de nouvelles possibilités.

Cette année, cinq panels structureront les échanges : industries culturelles et créatives et maintien des filles à l’école, santé, droits et protection, leadership et éducation financière, et éducation au genre. Parents, leaders communautaires, représentants d’institutions publiques et partenaires internationaux sont attendus.

Le temps fort sera un panel animé exclusivement par des filles, intitulé « Fille, prends ta place ». Une séquence censée réaffirmer leur capacité à défendre leurs droits et à participer au développement du pays.

Reste à savoir si ces espaces de parole se traduiront en mesures concrètes. L’objectif affiché, lui, est clair : offrir aux filles une éducation de qualité, un accompagnement psychosocial, des mécanismes de protection efficaces et des perspectives de réinsertion professionnelle.

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